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À Rungis, le futur data center devra valoriser sa chaleur

La Semmaris cherche un opérateur pour un data center allant jusqu’à 55 MW. Sa chaleur devra être valorisée dans le réseau qui dessert déjà quatre communes.

Illustration du futur data center de Rungis

La Semmaris cherche l’opérateur d’un data center à installer au sein du Marché international de Rungis, à Chevilly-Larue. La concession porte sur une parcelle de 25 000 m², dont 11 500 m² pourraient être construits, avec une alimentation électrique pouvant atteindre 55 MW. Le cahier des charges cite notamment le calcul pour l’intelligence artificielle et l’hébergement en cloud.

À ce stade, aucun bâtiment ni opérateur n’est choisi. Les équipes peuvent déposer leur candidature avant le 28 août 2026, puis cinq au maximum pourront être invitées à remettre une offre. Le concessionnaire financera la construction, exploitera le centre et pourra occuper le terrain jusqu’à la fin de 2068.

Rungis possède déjà l’une des infrastructures nécessaires pour donner un usage à l’énergie rejetée par les serveurs. Son réseau de chaleur compte 160 points de livraison et dessert Chevilly-Larue, Orly, Rungis et Thiais. En 2024, ses installations ont produit 167 GWh de chaleur, principalement grâce à l’incinération des déchets. Les données réglementaires lui attribuent un taux de 97 % d’énergies renouvelables ou de récupération.

Le futur concessionnaire devra prévoir la valorisation de la chaleur dégagée par les serveurs dans ce réseau. Les canalisations et les consommateurs sont déjà présents à proximité, condition indispensable pour distribuer cette énergie. La proximité ne résout toutefois pas toute la difficulté technique. La chaleur d’un data center est généralement disponible à basse température. Elle doit être captée, transportée et parfois relevée en température avant d’alimenter un réseau. L’avis public ne précise encore ni le système de refroidissement ni la quantité de chaleur effectivement récupérable.

Le projet dépend aussi de son raccordement électrique. RTE a transmis à la Semmaris une proposition pour une puissance allant jusqu’à 55 MW. Le raccordement est évalué à 29,113 millions d’euros, montant qui devra être couvert par le droit d’entrée payé par l’opérateur. La Semmaris décidera de lancer les études puis les travaux selon le résultat de la consultation, avec une mise à disposition possible à la fin de 2030.

Ces 55 MW fixent un plafond, pas une consommation assurée. RTE relevait en 2025 que huit data centers raccordés depuis 2016 disposaient ensemble de 800 MW contractualisés, mais n’en utilisaient que 120 MW au maximum fin 2024. Les opérateurs réservent souvent leur capacité avant de trouver leurs clients et de remplir progressivement leurs salles.

Rungis réunit ainsi une grande parcelle sécurisée, un raccordement de forte puissance et un réseau de chaleur déjà en activité. La consultation devra départager les candidats capables de financer cet ensemble, de vendre leurs capacités informatiques et de préciser combien de chaleur le futur équipement pourra réellement livrer au réseau du Marché.

Sources consultées
  1. Office des publications de l’Union européenne, TEDConcession de services relative à la conception, la réalisation et l’exploitation d’un datacenter sur un terrain au sein du Marché international de Rungis
  2. France Chaleur UrbaineMarché International de Rungis, réseau 9408C
  3. RTESchéma décennal de développement du réseau 2025, fiche 5 : raccordement de l’industrie
  4. Ademe Île-de-FranceLa chaleur fatale