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Valouette disparaît sans que tous ses bus s’arrêtent

Depuis le 6 juillet, plusieurs villes ont maintenu leur ligne gratuite. Itinéraires, publics et budgets se décident désormais commune par commune.

Illustration - Bus Valouette dans une rue communale

Valouette a disparu, mais tous ses bus ne se sont pas arrêtés. Depuis le 6 juillet, Cachan, Fresnes et Villejuif ont conservé leur ligne gratuite, désormais organisée à l’échelle de chaque ville. Après dix-neuf ans, le réseau commun du Val de Bièvre a laissé place à plusieurs services municipaux.

Ce petit réseau comptait six lignes dans sept communes : Arcueil, Cachan, Fresnes, Gentilly, L’Haÿ-les-Roses, Le Kremlin-Bicêtre et Villejuif. En 2023, ses véhicules avaient parcouru 239 717 kilomètres pour 420 000 voyages. Valouette complétait les grands axes franciliens en desservant des quartiers, marchés et équipements situés à l’écart des lignes régulières.

Le basculement vient de la fin du cadre commun. Le 12 mai 2026, Grand-Orly Seine Bièvre a acté la résiliation de la délégation accordée par Île-de-France Mobilités pour organiser cette desserte locale. Les actes consultés établissent la décision, mais pas son motif. Île-de-France Mobilités demeure l’autorité organisatrice régionale et peut déléguer certaines compétences à une commune. Pour maintenir une ancienne ligne Valouette, une ville doit désormais disposer de sa propre convention et prendre en charge l’organisation du service.

Fresnes a clairement posé les deux chemins possibles. Le premier consiste à intégrer les arrêts de la V2 au réseau ordinaire d’Île-de-France Mobilités, ce qui raccrocherait la desserte au réseau régional mais demande davantage de temps. Le second permet de reprendre immédiatement une ligne locale. La commune travaille sur les deux pistes : continuité municipale à court terme, intégration régionale à plus long terme.

À Cachan, le transfert se lit aussi dans le budget. La V3, ligne la plus fréquentée de l’ancien réseau avec plus de 100 000 voyages par an, conserve son parcours, ses horaires et sa gratuité. La ville a inscrit 360 000 euros à son budget 2026 pour son maintien. À l’échelle du budget communal, cette dépense est compensée par une baisse équivalente de sa contribution au fonds territorial. Cela ne permet pas d’établir le coût public total du nouveau dispositif, mais la ville assume désormais directement la décision et les futurs arbitrages.

Ailleurs, la reprise ne donne déjà plus le même service. À Gentilly, la V5 doit reprendre pleinement le 15 septembre pour au moins un an. Son parcours conservera vingt arrêts, mais les trois situés à Arcueil disparaîtront puisque le nouveau service sera limité au territoire communal. À L’Haÿ-les-Roses, la suppression de Valouette s’accompagne du lancement de La Rosalie, une navette gratuite réservée aux habitants de 65 ans et plus.

Cette réorganisation est distincte du changement d’opérateurs prévu le 1er août sur les lignes franciliennes du Val-de-Marne. Ces lignes restent intégrées au réseau régional. Valouette assurait une desserte plus fine, au plus près des quartiers.

Les reprises communales évitent que des secteurs situés en marge du réseau principal se retrouvent sans navette. En contrepartie, l’offre devient moins cohérente d’une ville à l’autre et chaque usager doit désormais se tourner vers sa mairie. À Gentilly, cette nouvelle géographie tient déjà en trois arrêts d’Arcueil retirés du parcours : la frontière communale est devenue une frontière de service.

Sources consultées
  1. Grand-Orly Seine BièvreRéseau de bus Valouette
  2. Grand-Orly Seine BièvrePlan Climat Air Énergie Territorial 2026-2031
  3. Ville de FresnesConseil municipal du 24 juin 2026, convention de délégation Valouette
  4. Ville de CachanLa Valouette : la Ville reprend les commandes
  5. Ville de CachanRapport d’orientation budgétaire 2026
  6. Ville de GentillyValouette, bientôt la ville vous transporte