Article

Val-de-Marne : les bus gardent leurs couleurs, mais changent de système

Le 1er août, 52 lignes de bus et le T9 basculent entre deux nouveaux contrats. Île-de-France Mobilités reprend aussi quatre dépôts.

Illustration - Bus du Val-de-Marne en dépôt

Le 1er août, les voyageurs du Val-de-Marne continueront à valider leur passe Navigo dans des véhicules aux couleurs d’Île-de-France Mobilités. Derrière cette continuité, une grande partie du réseau changera pourtant d’organisation : RATP Cap Pompadour exploitera 24 lignes, dont le TVM et le 393, tandis que Keolis prendra en charge 28 lignes et conservera le tram T9.

Ces deux contrats couvrent 52 lignes de bus, plus de 34 millions de kilomètres commerciaux par an et un tramway emprunté par environ 100 000 personnes chaque jour. Ils sont conclus pour sept ans, avec deux années supplémentaires possibles. Le changement porte donc sur une large part du réseau quotidien du département.

Île-de-France Mobilités reste aux commandes du réseau. L’autorité régionale fixe l’offre, les tarifs, la billettique et les objectifs de qualité. Les entreprises retenues emploient les équipes, conduisent les véhicules, assurent leur maintenance et font fonctionner les centres bus. Le réseau conserve ainsi une identité commune, mais son exploitation est découpée entre plusieurs sociétés mises en concurrence.

La ligne 25 illustre ce partage des rôles. À partir du 1er août, toutes ses courses iront jusqu’à Vitry-sur-Seine Duras, son amplitude sera étendue de 5 h 30 à 0 h 30 et sa fréquence dominicale doublera. Cette offre est décidée par Île-de-France Mobilités. Keolis devra la réaliser dans le cadre de son nouveau contrat.

La transformation la moins visible se joue dans les dépôts. Le même jour, les centres bus de Créteil, Thiais, Quai de Seine à Ivry et Vitry-sur-Seine passeront de la RATP à Île-de-France Mobilités. Leur valeur nette comptable provisoire atteint 78,6 millions d’euros.

Ces garages et ateliers sont l’outil industriel du réseau. Il faut y remiser, nettoyer, recharger et réparer les bus. Tant qu’ils appartenaient à l’exploitant historique, remplacer celui-ci restait difficile. Leur transfert sépare désormais les infrastructures de l’entreprise chargée de les utiliser. Au prochain appel d’offres, les mêmes dépôts pourront servir à un autre opérateur.

Les contrats permettent à Île-de-France Mobilités de pénaliser les courses non réalisées et les défauts de régularité. Ils multiplient aussi les interfaces : salariés, systèmes informatiques, information voyageurs et maintenance doivent basculer sans interrompre le service. Sur les trois premiers lots ouverts à la concurrence, l’autorité régionale affirme que la part de l’offre effectivement réalisée est passée en moyenne de 92 % à 97 %.

Le résultat dans le Val-de-Marne ne se mesurera donc pas au logo de l’exploitant. Il se verra dans les courses assurées sur la ligne 25, les départs du TVM et du 393, et la régularité du T9. Chaque matin, les bus sortiront de dépôts désormais publics, conduits par des équipes employées par deux entreprises différentes.

Sources consultées
  1. Île-de-France MobilitésÎle-de-France Mobilités désigne les opérateurs bus de quatre lots en petite couronne et d’un lot en grande couronne
  2. Île-de-France MobilitésTransfert des biens et paiement des valeurs nettes comptables pour les centres bus de Créteil, Thiais, Quai de Seine Ivry et Vitry
  3. Île-de-France MobilitésDémarrage réussi pour les premières délégations de service public de bus à Paris et en petite couronne
  4. Île-de-France MobilitésLigne 25 : une offre de transport renforcée dès le 1er août
  5. KeolisIDFM renouvelle sa confiance à Keolis pour le T9 et lui confie 28 lignes de bus supplémentaires