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À Vitry et Choisy, 136 millions d’euros pour faire remonter la chaleur du sous-sol

Le réseau de chaleur commun aux deux villes change d’échelle : 136 millions d’euros, deux doublets géothermiques et 22 kilomètres de conduites sont prévus d’ici à 2031.

Illustration - Forages géothermiques sous Vitry et Choisy

Depuis le 1er juillet, Coriance exploite le réseau de chaleur de Vitry-sur-Seine et Choisy-le-Roi. Le contrat court sur quinze ans et prévoit 136 millions d’euros d’investissements, dont les principaux travaux doivent être réalisés d’ici à 2031. Ce changement d’exploitant doit surtout transformer la manière dont les deux villes se chauffent.

Le réseau est local par ses tuyaux, beaucoup moins par sa production. Un dossier de la Région décrivait en 2023 une alimentation assurée à 70 % par le réseau parisien de la CPCU et à 30 % par la chaleur récupérée à l’usine d’incinération de Rungis. Il fournissait alors 231 GWh par an, soit 24 000 équivalents-logements. Depuis 2005, son exploitation était confiée à CVD, une filiale d’Engie Solutions.

La nouvelle concession mise sur une ressource située sous le territoire. Coriance annonce deux doublets géothermiques, l’un dans le Dogger et l’autre dans le Lusitanien, complétés par des pompes à chaleur. Le SICUCV a parallèlement approuvé l’acquisition de parcelles à Vitry pour installer une production de chaleur renouvelable.

Le chantier ne se limite pas aux forages. Il prévoit 22 kilomètres de conduites nouvelles, huit kilomètres renouvelés et le raccordement de plus de 170 sites. L’extension est considérable : le réseau comptait 41,8 kilomètres en 2021. À terme, Coriance vise 304 GWh livrés chaque année et plus de 300 sous-stations desservies, avec 92 % d’énergies renouvelables ou de récupération.

Paris et Rungis ne disparaîtront pas du système : leurs apports doivent rester complémentaires de la géothermie. Le mouvement est presque l’inverse de celui de Thermo-sur-Seine, projeté aux Ardoines pour envoyer de la chaleur produite à Vitry vers le réseau parisien. D’un côté, Vitry exporte vers Paris ; de l’autre, Vitry et Choisy cherchent à moins lui acheter.

L’avis d’attribution donne la mesure économique du service : trois offres ont été déposées et celle de Coriance, une variante sur quinze ans, est valorisée à 458 millions d’euros. Ce chiffre ne désigne pas le coût des travaux. Pour une concession, il correspond au chiffre d’affaires hors taxes attendu sur toute la durée du contrat. Le contrat confie à Coriance le financement, la construction et l’exploitation des installations, sous le contrôle du SICUCV.

Coriance et la Ville annoncent une baisse moyenne de 10 % du prix de la chaleur. En 2024, le prix moyen publié pour les logements raccordés atteignait 109 euros TTC par MWh. Mais l’abonné du réseau est souvent un bailleur ou une copropriété, et la charge payée par chaque foyer dépend aussi de sa consommation et des installations de l’immeuble. Le barème permettant de répartir la baisse annoncée entre les différents abonnés n’a pas été publié avec le contrat.

Le réseau restera interconnecté et confié pendant quinze ans à un opérateur privé. Si les forages et les raccordements sont réalisés comme prévu, sa première source de chaleur sera néanmoins produite sur place. D’ici à 2031, le contrat se jugera dans l’avancement des travaux dans les rues, puis dans l’évolution réelle des charges à Vitry et Choisy.

Sources consultées
  1. Syndicat intercommunal de chauffage urbain de Choisy et VitryCompte rendu sommaire du comité syndical du 16 février 2026
  2. Groupe Coriance et SICUCVCoriance accélère la transition énergétique de Vitry-sur-Seine et Choisy-le-Roi grâce à la géothermie
  3. Région Île-de-FranceDélibération CP 2023-404, extension du réseau de chaleur SICUCV Choisy-Vitry
  4. France Chaleur UrbaineRéseau de Choisy-Vitry
  5. France MarchésAvis d’attribution de la concession du réseau de chaleur de Choisy-Vitry