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À Villejuif, cinq jeunes chercheurs recrutés pour traquer les cancers qui résistent

Gustave Roussy compte cinq lauréats Inserm 2026, autour d’un même verrou scientifique: les rechutes, les résistances et les échappatoires des tumeurs.

Chercheurs en cancérologie à Villejuif

À Villejuif, cinq chercheurs de Gustave Roussy figurent parmi les lauréats 2026 du concours de chargé de recherche Inserm. Alors que le concours national ouvre 58 postes cette année, cette concentration locale ne vaut pas seulement ligne de palmarès: elle montre les questions de cancérologie que l’institut peut soutenir dans la durée.

Le fil commun tient en une question difficile: que font les cancers quand le traitement ne suffit plus? Jean-Baptiste Alberge travaille sur les altérations génétiques qui favorisent les rechutes des cancers de l’enfant. Son équipe suit l’évolution du génome tumoral au cours de la maladie pour repérer les cellules capables de résister. Laurianne Scourzic s’intéresse aux lymphomes, à la plasticité des lymphocytes B, aux mécanismes épigénétiques et à l’organisation en trois dimensions du génome.

Deux autres axes déplacent le regard vers le voisinage de la tumeur. Carlos Pérez González étudie les forces mécaniques qui façonnent la croissance, l’invasion et la résistance tumorales, à partir d’organoïdes issus de patients et de modèles in vivo. Antonela Merlotti travaille sur des stratégies d’immunothérapie capables d’agir dans les tumeurs solides et sur l’identification de nouveaux antigènes tumoraux. Meriem Messaoudene explore, elle, les liens entre microbiote intestinal, système immunitaire et cancer, avec l’objectif d’identifier des biomarqueurs et de nouvelles pistes liées au microbiote.

Ces sujets n’annoncent pas un nouveau médicament disponible. Ils disent plutôt où se bloque souvent le progrès en oncologie: après la première réponse au traitement, quand des cellules survivent, changent d’état, se cachent dans leur microenvironnement ou déjouent l’immunité. La recherche n’avance alors ni par slogan ni par grand saut unique, mais par l’identification patiente de ces mécanismes d’échappement.

À Villejuif, cet effort s’appuie sur une masse clinique rare. Gustave Roussy suit plus de 54 300 patients selon ses données 2025, dont 2 759 enfants et adolescents, et revendique plus de 7 505 patients inclus dans des études cliniques. Pour des travaux sur des échantillons de patients, des cohortes, des organoïdes, des données moléculaires ou des modèles précliniques, cette proximité entre soin, laboratoire et essais cliniques permet de relier plus vite hypothèses de laboratoire, échantillons de patients et essais cliniques.

Le cas de Jean-Baptiste Alberge ajoute un étage à l’annonce. Il obtient aussi un financement Atip-Avenir, programme Inserm-CNRS qui aide de jeunes chercheurs à créer leur propre équipe pendant cinq ans. Gustave Roussy précise qu’il s’agit du septième financement Atip-Avenir obtenu par l’un de ses chercheurs depuis 2021. Ce n’est plus seulement un recrutement: c’est une équipe qui peut se construire autour des rechutes des cancers pédiatriques.

Après la distinction du Pr Éric Vivier autour des cellules NK, ce nouvel épisode confirme une spécialisation locale moins visible qu’un bâtiment, mais essentielle pour le Val-de-Marne scientifique. Une part de l’innovation biomédicale consiste ici à donner du temps, des patients, des données et des équipes aux chercheurs qui poursuivent les cancers dans leurs mécanismes d’échappement, à Villejuif.

Sources consultées
  1. Gustave RoussyCinq chercheurs de Gustave Roussy lauréats du concours de l’Inserm
  2. Inserm ProPostuler aux concours de CRCN 2026
  3. Inserm ProLe programme Atip-Avenir
  4. Gustave RoussyL’Institut