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À Maisons-Alfort, jusqu’à 60 millions d’euros pour adapter l’ancienne usine Sanofi

Adragos veut adapter l’ancienne usine Sanofi à de nouveaux médicaments biologiques et attirer plusieurs laboratoires sur le site de Vert-de-Maisons.

Usine pharmaceutique de Maisons-Alfort

Adragos Pharma a finalisé la reprise de l’usine Sanofi du quartier Vert-de-Maisons le 1er avril. Le 1er juin, le groupe a annoncé un programme d’investissement compris entre 40 et 60 millions d’euros sur cinq ans pour adapter le site à la fabrication de produits biologiques et augmenter ses capacités par des modernisations ciblées.

La reprise avait déjà permis à l’ancien site Sanofi de rester une usine pharmaceutique. L’annonce, relayée en juillet par la Ville, précise maintenant la direction prise par son nouveau propriétaire : transformer un outil longtemps organisé autour des médicaments de Sanofi en plateforme de sous-traitance ouverte à d’autres laboratoires.

Le site possède déjà une force de frappe considérable. Adragos présente ses 23 062 m² et ses 452 salariés comme capables de produire jusqu’à 150 millions de seringues préremplies et 6 millions de flacons par an, selon les médicaments confiés aux lignes. Pour diversifier cette production, l’usine pourra aussi s’appuyer sur deux grands lyophilisateurs, des équipements d’inspection et plusieurs lignes de conditionnement.

Son métier est celui du « fill-finish », la dernière partie de la fabrication d’un médicament injectable. Le produit est préparé, réparti dans une seringue ou un flacon dans des conditions stériles, parfois séché par lyophilisation, puis contrôlé et emballé. Adragos n’a pas indiqué si Maisons-Alfort fabriquera aussi les substances biologiques elles-mêmes, ni quels équipements seront modifiés.

L’adaptation n’est pourtant pas une simple affaire de cadence. Chaque nouveau médicament doit être transféré vers les lignes, testé puis produit dans des conditions stériles validées. Les systèmes automatisés de nettoyage et les enceintes qui isolent les zones de remplissage offrent déjà un socle technique. L’investissement doit permettre d’accueillir davantage de médicaments sans reconstruire une usine entière.

La pression est aussi commerciale. Sous Sanofi, le site comptait notamment parmi ses grandes productions les seringues de Lovenox, un anticoagulant confronté à la concurrence des biosimilaires et à une baisse de ses volumes. Lors du projet de cession présenté en 2025, le maintien de cette production pendant cinq ans devait offrir une transition. Adragos doit désormais utiliser ce délai pour attirer d’autres contrats.

Aucun futur médicament, client ou gain de capacité n’a encore été nommé. L’investissement doit permettre à des laboratoires développant un nouveau produit de disposer, dans le Val-de-Marne, d’une usine capable de le remplir et de le conditionner à grande échelle. À Vert-de-Maisons, la prochaine preuve sera l’arrivée effective d’un premier médicament biologique extérieur au portefeuille historique de Sanofi.

Sources consultées
  1. Présidence de la République et Business France9e édition du Sommet Choose France, dossier de presse
  2. Adragos PharmaAdragos Pharma finalizes the acquisition of Commercial-Scale Sterile Fill-Finish Manufacturing Site at Maisons-Alfort
  3. Adragos PharmaMaisons-Alfort, France
  4. Ville de Maisons-AlfortAdragos Pharma annonce des investissements majeurs à Maisons-Alfort
  5. L’Usine NouvelleSanofi confirme le projet de cession de l’usine de Maisons-Alfort à l’allemand Adragos