Le Centre hospitalier intercommunal de Créteil (CHIC) a attribué près de 2,94 millions d’euros hors taxes de travaux pour modifier son architecture haute tension et créer un deuxième poste de livraison électrique. Les deux contrats ont été conclus le 23 juin 2026, pour une durée estimée à 18 mois, sur le site du 40 avenue de Verdun.
Le plus gros lot, consacré à l’électricité, revient à AMICA pour 2,57 millions d’euros hors taxes. Le second, consacré aux groupes électrogènes, a été attribué à SDMO Industries pour 365 980 euros hors taxes. L’avis d’attribution, envoyé à publication le 6 juillet, précise aussi que l’opération comprend des prestations possibles sur des postes d’utilisation, un poste de couplage et des relais de protection.
Ces mots viennent du monde des sous-sols et des armoires fermées. Ils décrivent pourtant une partie ordinaire de la sécurité hospitalière: faire arriver le courant, le répartir, le protéger et disposer de secours capables de prendre le relais. Enedis définit un poste HTA/BT comme un local assurant la liaison entre le réseau haute tension HTA et le réseau basse tension. Dans un hôpital, ce passage n’est pas un détail technique. C’est par là que l’électricité du réseau rejoint les blocs, les chambres, les laboratoires et les couloirs.
Le CHIC donne la mesure de cette dépendance. La Fédération hospitalière de France y recense 584 lits et places. Elle le décrit comme l’hôpital disposant du service d’urgence le plus important du Val-de-Marne, avec près de 100 000 passages en 2024. L’établissement accueille aussi une maternité universitaire de type III, où naissent plus de 3 500 enfants par an, et un laboratoire de biologie médicale qui fonctionne 24h/24. Son dépôt de sang est ouvert 24h/24 et 7j/7 pour les transfusions programmées ou les urgences vitales.
Dans ce type d’équipement public, une coupure ne touche pas seulement l’éclairage. Elle concerne l’imagerie, les automates d’analyse, la ventilation, les ascenseurs, les systèmes numériques, les blocs et les services qui travaillent la nuit. Le Code de la sécurité intérieure impose d’ailleurs aux établissements de santé de court séjour en médecine, chirurgie ou gynécologie-obstétrique de disposer de moyens d’alimentation autonomes en énergie pour garantir la sécurité des personnes hébergées pendant au moins quarante-huit heures en cas de défaillance du réseau.
L’avis d’attribution ne précise pas le déclencheur exact de l’opération. Le montant, la durée et la présence conjointe de travaux électriques et de groupes électrogènes suffisent toutefois à qualifier le dossier: il s’agit d’un investissement de continuité, pas d’un simple remplacement de matériel. Il prolonge, sous une forme plus technique, la modernisation hospitalière déjà repérée au printemps dans l’est du Val-de-Marne avec les travaux menés dans les Hôpitaux Confluence.
Le chantier ne changera pas la silhouette du CHIC. Il changera une partie de ce qui permet à l’hôpital de rester un hôpital en cas de défaillance du réseau: postes de livraison, relais de protection et groupes électrogènes, avenue de Verdun à Créteil.
Sources consultées
- BOAMPAvis n°26-67143
- Fédération hospitalière de FranceCentre Hospitalier Intercommunal de Créteil
- CHI CréteilMaternité - Obstétrique
- CHI CréteilBiologie médicale et dépôt de sang
- EnedisQu’est-ce qu’un poste HTA-BT ? A quoi sert-il ?
- LégifranceCode de la sécurité intérieure, section 4, alimentation en énergie des établissements de santé