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Morbras: la Métropole prépare le foncier autour de la rivière

Dans le Val-de-Marne, un marché plafonné à 1,2 million d’euros montre que la restauration du Morbras se prépare aussi par les emprises foncières.

Le Morbras et ses berges

La Métropole du Grand Paris lance une mission foncière sur le bassin du Morbras, cette petite rivière qui traverse l’Est du Val-de-Marne avant de rejoindre la Marne à Bonneuil. L’objet paraît austère. Il dit pourtant une chose simple: avant de restaurer un cours d’eau urbain, il faut savoir où la Métropole pourra réellement agir.

L’appel d’offres, publié au Journal officiel de l’Union européenne le 3 juillet 2026, porte sur un accord-cadre d’appui “stratégique et opérationnel” à la maîtrise foncière. Il durera cinq ans, sans montant minimum, avec un plafond de 1,2 million d’euros hors taxes. Les offres sont attendues jusqu’au 3 août. La Métropole justifie cette durée par le calendrier des études hydromorphologiques du bassin du Morbras, engagées en 2025 et prévues jusqu’en 2031: les interventions foncières devront suivre l’avancement des scénarios techniques et la définition des emprises.

Ce n’est donc pas encore un chantier. Le marché n’annonce pas des travaux, ni une liste de parcelles déjà visées. Il prépare la phase qui rend les travaux possibles: identifier les emprises possibles autour du lit et des berges, au fur et à mesure que les études diront où agir.

Le Morbras se prête bien à cette lecture. Le SAGE Marne Confluence le décrit comme un cours d’eau non domanial de 17 km, dans un bassin versant d’environ 55 km², entièrement compris dans son périmètre. Dès sa source, il est souvent canalisé en souterrain; lorsqu’il coule à ciel ouvert, son fonctionnement reste très artificialisé. Ses débits varient fortement selon les saisons et les pluies: étiages sévères, réactions rapides lors des épisodes pluvieux, érosion des berges et habitats aquatiques fragilisés.

Dans le Val-de-Marne, l’Atlas des paysages situe la vallée du Morbras à l’interface entre le plateau boisé et le plateau urbanisé de Champigny, avec La Queue-en-Brie, Noiseau, Ormesson-sur-Marne et Sucy-en-Brie comme communes concernées. Il relève aussi un paradoxe familier aux habitants: le Morbras est la troisième rivière du département, mais il reste peu visible, rendu discret par les canalisations, les sections enterrées et des accès discontinus. On le retrouve par morceaux, au lavoir de La Queue-en-Brie, dans le parc départemental du Morbras ou près du château d’Ormesson.

La mission lancée par la Métropole s’inscrit dans sa compétence GEMAPI, qui mêle gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations. À l’échelle métropolitaine, cette politique couvre les études, l’entretien, les renaturations, les réouvertures de cours d’eau et les ouvrages de protection. Sur le Morbras, elle prend une forme moins visible mais décisive: faire correspondre les scénarios de restauration avec les emprises où l’intervention publique sera possible.

Le détail des secteurs susceptibles d’être concernés n’est pas donné dans l’avis de marché. Cela limite ce qu’on peut déjà dire aux riverains. Mais le mouvement est assez net: pour que le Morbras cesse d’être seulement une rivière souvent peu visible entre voirie, jardins, berges contraintes et fragments de nature, il faut d’abord rendre son espace d’intervention lisible, parcelle après parcelle, entre La Queue-en-Brie, Noiseau, Ormesson et Sucy.

Sources consultées
  1. La Centrale des Marchés / JOUEMission d’appui stratégique et opérationnel à la maitrise foncière sur le bassin du Morbras
  2. SAGE Marne ConfluencePlan d’aménagement et de gestion durable
  3. Atlas des paysages du Val-de-MarneUnité n° 5.2 – La vallée du Morbras
  4. Métropole du Grand ParisMoyens d’exercice de sa compétence GEMAPI