À Gentilly, Fresnes et Vitry-sur-Seine, plusieurs ateliers d’été ne se contentent pas de remplir les vacances. On y fabrique un film, on reprend une vieille carte postale, on part avec un baladeur mp3, on manipule des expériences scientifiques: la ville n’est plus seulement le décor, elle devient le matériau.
À Gentilly, le Lavoir Numérique concentre bien cette idée. L’ancien bains-douches municipal, ouvert en 1924 puis fermé à la fin des années 1950, a été réhabilité en équipement consacré à l’image et au son. Du 6 au 8 juillet, il accueille “Le film dont vous êtes le héros”, un stage gratuit de réalisation de court-métrage organisé dans le cadre de l’Été à Gentilly, à partir de 14 ans. La proposition part des contraintes d’écriture inspirées de l’Oulipo, palindrome, anagramme, lipogramme ou citation, pour en faire un tournage avec scénarios et caméras. Ce n’est pas seulement apprendre à filmer: c’est découvrir qu’une règle bizarre peut devenir un moteur de fiction.
À quelques rues, la Maison de la Photographie Robert Doisneau travaille une autre matière: les images anciennes de Gentilly. Les 23 et 24 juillet, son stage “Cartes postales photographiques de Gentilly”, gratuit et limité à six personnes à partir de 12 ans, invite les participants à partir de cartes postales des années 1920 aux années 1960, puis à photographier aujourd’hui des lieux emblématiques de la ville. Mathilde Cudeville et Karolyne Rothan, médiatrices photo, y font travailler les réglages de base de l’appareil en mode manuel avant une balade et une fabrication finale: un diptyque de cartes postales, l’une contemporaine, l’autre ancienne et retravaillée.
Le geste est simple, mais il dit beaucoup de la culture de proximité dans ce coin du Val-de-Marne. On ne demande pas aux habitants de recevoir un récit patrimonial déjà prêt. On leur donne un appareil, une image d’archive, un cadre, puis on les renvoie vérifier dans la rue ce qui a changé, ce qui tient encore, ce qui mérite d’être regardé autrement.
À Fresnes, l’Écomusée et la Compagnie KMK déplacent encore l’exercice. Jusqu’au 31 juillet, les vendredis et samedis, des promenades urbaines et sonores en autonomie partent de la Ferme de Cottinville. Une carte, un baladeur mp3, cinq personnes maximum par créneau: la jauge est minuscule, mais le principe est fort. Trois parcours sont proposés, vers le bois de Montjean, la Peupleraie ou le nord de Fresnes avec “Le Gang des Picasso”. Les voix d’habitants accompagnent la marche; les histoires sortent littéralement de sous les pas. Les promenades sont gratuites, dès 8 ans, avec réservation obligatoire sur Explore Paris.
Vitry ajoute la branche scientifique de cette carte d’été. L’Exploradôme a annoncé le 1er juillet ses programmes de stages et d’ateliers d’été 2026. Le musée revendique toujours son principe fondateur: un espace de découverte des sciences, des techniques et du numérique où les visiteurs testent, manipulent, expérimentent.
Après les dates gratuites à repérer dans les parcs, ces ateliers montrent une autre saison val-de-marnaise, plus discrète, mais plus manuelle. Ces villes y deviennent un terrain d’exercice: une façade à recadrer, une voix à suivre, une vieille carte à coloriser, une contrainte à transformer en scène, une expérience à toucher. À la fin, il reste parfois un court-métrage, parfois deux cartes postales, parfois seulement une marche revenue à la Ferme de Cottinville.