À Créteil, l’UPEC a condensé les gestes d’une mission spatiale en cinq jours. Du 22 au 26 juin, l’école d’été « Build Your Own Satellite in 5 Days » a réuni sur le Campus Centre des étudiants venus travailler en équipes sur un nanosatellite pédagogique : énergie, informatique embarquée, orientation, télécommunications, mécanique, charge utile, station sol.
Le résultat n’est pas un satellite destiné à rejoindre l’orbite terrestre. C’est un apprentissage accéléré de ce qui rend le spatial difficile : faire fonctionner ensemble des sous-systèmes miniaturisés et interdépendants. Des publications publiques de participants et d’enseignants indiquent que les étudiants, venus de neuf pays, ont travaillé sur un CubeSat INISAT 2U, lancé sous ballon météo et suivi par télémesure. Un participant décrit par exemple la transmission de données de batterie, température, pression et humidité vers une station sol, après un travail sur le contrôle d’attitude du satellite.
Une semaine ne remplace pas les années nécessaires à une vraie mission orbitale. Le CNES indique que les nanosatellites étudiants de sa Nanolab Academy, héritière du programme JANUS, demandent généralement cinq à six ans de développement par satellite. Ces CubeSats pèsent de 1 à 15 kg et servent à former les étudiants à toute la chaîne : conception, tests, opérations, télécommandes, télémesures, station sol, exploitation des données. À Créteil, l’exercice reprend cette grammaire à l’échelle d’un sprint.
À l’UPEC, cette semaine s’appuie sur un socle déjà installé. Son Campus spatial, lancé fin 2017, fédère formations et laboratoires autour des instruments spatiaux et des CubeSats. Il porte notamment les projets OGMS-SA et IR-Coaster. L’université a aussi ouvert un master international en systèmes satellitaires et applications avec la Cape Peninsula University of Technology, en Afrique du Sud, avec 25 places côté UPEC et 40 étudiants au total entre les deux universités.
L’école d’été prolonge ce travail de formation. Elle a été conçue avec l’Académie spatiale d’Île-de-France, Sorbonne Université, Université Paris Cité, l’ONERA et l’UVSQ, avec des contributions annoncées de plusieurs acteurs scientifiques et industriels. Le lien avec le précédent sujet de La Clé Publique sur la plateforme CRITISC est direct : d’un côté, les salles blanches et les moyens de test ; de l’autre, les étudiants qui apprennent à intégrer un objet spatial comme un système complet.
Pour le Val-de-Marne, ce n’est pas une promesse de conquête spatiale en miniature. C’est plus intéressant que cela : un savoir-faire qui descend sur l’établi, dans les cartes électroniques, les antennes, les capteurs et le logiciel embarqué. À Créteil, le satellite tient encore dans les mains. C’est précisément pour cela qu’il peut former.