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À Villejuif, Nano-BITE veut rapprocher l’immunothérapie des tumeurs solides

Gustave Roussy obtient 150 000 euros de l’ERC pour Nano-BITE, un projet préclinique de nanomédecine contre les tumeurs solides.

Nanoparticules contre une tumeur solide

À Gustave Roussy, à Villejuif, Alexandre Detappe reçoit un financement européen pour Nano-BITE, un projet qui s’attaque à l’un des problèmes les plus pratiques de l’immunothérapie : amener l’action immunitaire au bon endroit, dans une tumeur solide, et l’y maintenir assez longtemps pour qu’elle compte.

Le financement vient du Conseil européen de la recherche, dans son appel Proof of Concept 2026. Il représente 150 000 euros sur 18 mois. À cette échelle, l’Europe ne finance pas un traitement prêt à entrer à l’hôpital, mais une étape de maturation : vérifier si une idée née de travaux déjà soutenus par l’ERC peut devenir une technologie crédible.

L’idée de Nano-BITE part d’une famille de traitements très travaillée en cancérologie, les T-cell engagers. Ces molécules servent de pont : elles rapprochent un lymphocyte T, cellule armée du système immunitaire, d’une cellule cancéreuse. Le principe a déjà montré son intérêt, surtout dans certains cancers du sang. Les tumeurs solides, elles, compliquent tout. Elles sont moins faciles à infiltrer, plus hétérogènes, et leur microenvironnement peut épuiser ou freiner les cellules immunitaires.

Nano-BITE ajoute la nanomédecine à cette équation. Le projet vise à développer des nanoparticules capables d’agir dans l’environnement tumoral pour favoriser la rencontre entre cellules immunitaires et cellules cancéreuses, tout en soutenant une réponse antitumorale durable. En clair, il ne s’agit pas seulement de concevoir un meilleur pont moléculaire, mais de mieux choisir l’endroit où ce pont se forme.

Cette nuance est importante. Beaucoup de promesses anticancer butent non pas sur l’absence d’idée, mais sur la livraison : quelle dose arrive dans la tumeur, combien de temps elle y reste, ce qu’elle déclenche ailleurs dans le corps. Nano-BITE cherche à concentrer l’action thérapeutique au niveau de la tumeur et à réduire les effets systémiques. Aucune donnée d’efficacité propre au projet n’est encore publiée dans les documents consultés ; les 18 prochains mois doivent justement fournir les premières validations précliniques.

Le choix de Villejuif tient à une compétence précise. Le laboratoire de nanomédecine dirigé par Alexandre Detappe travaille sur des systèmes de délivrance de médicaments, des nanoparticules ciblées, des biomatériaux injectables et des outils d’imagerie pour l’oncologie. À Gustave Roussy, cette recherche se fait près d’équipes médicales rompues aux premières étapes des nouvelles approches thérapeutiques, même si Nano-BITE reste pour l’instant du côté du laboratoire.

L’intérêt local tient donc moins au montant du chèque qu’à la marche qu’il finance. Dans le Val-de-Marne, Nano-BITE met à l’épreuve une question très matérielle : peut-on fabriquer un objet assez précis pour guider l’immunité vers une tumeur solide, sans transformer cette précision en promesse trop large ? La réponse commencera par des modèles précliniques, dans une équipe de nanomédecine installée à Villejuif.

Sources consultées
  1. Gustave RoussyAlexandre Detappe reçoit un financement européen sélectif pour potentialiser l’immunothérapie
  2. European Research CouncilERC awards Proof of Concept Grants to 182 researchers
  3. European Research CouncilERC Proof of Concept 2026 Deadline 1: List of selected Principal Investigators
  4. Université Paris-SaclayERC Proof of concept 2025 : quatre lauréat·es lié·es à l’Université Paris-Saclay
  5. British Journal of CancerT cell engagers: expanding horizons in oncology and beyond