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Dans le Val-de-Marne, une maison agrandie peut déjà raconter demain

Le CAUE 94 recense des maisons, appartements et résidences transformés. De Cachan à Thiais, ces lieux disent comment l’habitat ordinaire devient attachant.

Illustration - Maison transformée en Val-de-Marne

À Cachan, une maison a gagné une cuisine et un séjour sans pousser un seul mur. Le garage a changé de rôle: la voiture dehors, la vie dedans, avec une terrasse tournée vers le jardin. La Maison Dune, signée Ania et Jérémie Brault de LABOPOP, avait été distinguée par le premier Palmarès Architectures habitées du CAUE 94.

Ce type de transformation est précisément ce que le CAUE du Val-de-Marne veut recenser avec son Panorama Architectures habitées. Les maîtres d’œuvre peuvent déposer en ligne des projets réalisés dans le Val-de-Marne: maisons construites, agrandies, réaménagées, restaurées ou rénovées, mais aussi appartements restructurés. Les projets doivent avoir été réceptionnés entre 2013 et 2025, avec l’accord du maître d’œuvre et du maître d’ouvrage.

L’intérêt n’est pas de fabriquer un album de maisons sages. Le Val-de-Marne a trop de formes pour cela: parcelles pavillonnaires serrées, coteaux, bords de Marne, résidences des années 1960, grands tissus de proche banlieue, morceaux encore marqués par les jardins ou les anciennes terres agricoles. Dans ce département, améliorer l’habitat consiste souvent à composer avec ce qui existe déjà.

La première édition du Palmarès l’avait montré avec 25 projets en compétition et 10 réalisations primées. À Cachan, la Maison Dune transformait un rez-de-chaussée de garage en pièce familiale. À Champigny-sur-Marne, Jeux d’angles faisait pivoter une maison vers son jardin avec une extension triangulaire en corten. Au Perreux-sur-Marne, la Maison Périscope cherchait les vues: le jardin depuis la salle à manger, le viaduc de Nogent depuis la chambre. À Saint-Maur-des-Fossés, Habiter le jardin partait d’un besoin très simple et très profond: permettre à un couple de vieillir dans une maison ouverte sur la végétation.

La même question existe à plus grande échelle. À Thiais, la résidence Einbeck, 176 logements dans six barres basses des années 1960, a été réhabilitée avec des modules de façade préfabriqués en ossature bois, pour corriger l’enveloppe thermique sans effacer la logique du bâtiment d’origine. À Fresnes, les résidences La Vallée Renard et Les Hirondelles doivent gagner des logements par surélévation tout en conservant leurs parements en pierre, leurs logements en angle et leur implantation dans un parc en pente.

Les lieux auxquels on s’attache sont souvent ceux qui ont su changer sans perdre leur caractère. Une cuisine remplace un garage. Une maison retrouve son jardin. Une façade gagne en confort. Un ascenseur rend un immeuble plus habitable. Le patrimoine commence parfois par une décision pratique tenue avec soin.

Cette manière de regarder les bâtiments avant qu’ils soient consacrés n’est pas seulement celle des institutions. Elle rejoint aussi une préoccupation portée par Regard Naïf, une initiative locale pour défendre ce qui, dans l’architecture d’aujourd’hui, peut devenir le patrimoine de demain. Le Panorama du CAUE 94 en donne une version très val-de-marnaise: apprendre à voir ce qui mérite de durer dans une maison de Cachan, une extension à Champigny ou une façade refaite rue Einbeck.

Sources consultées
  1. CAUE du Val-de-MarnePanorama Architectures habitées
  2. CAUE du Val-de-MarnePalmarès Architectures habitées dans le Val-de-Marne
  3. L’Observatoire CAUEMaison Dune
  4. CAUE du Val-de-MarneRéhabilitation d’une résidence des années 1960 avec des modules préfabriqués en ossature bois, Thiais
  5. CAUE du Val-de-MarneSurélever des plots en site occupé, Fresnes
  6. Regard NaïfRegard Naïf, construisons le patrimoine de demain