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À Vitry et Villejuif, une place de crèche commence par des murs

Deux chantiers de petite enfance montrent que l’accueil des tout-petits dépend aussi des bâtiments, des cours, des normes et du phasage des travaux.

Crèche en chantier

Vitry-sur-Seine prépare la reconstruction de la halte-garderie La Batelière sur le site du groupe scolaire Jean-Moulin. Villejuif lance, elle, le marché de travaux pour la réhabilitation lourde et l’extension de la crèche Robert-Lebon, rue Lamartine. Deux opérations différentes, mais un même rappel très concret: une place de crèche se fabrique dans un bâtiment, avec ses normes, ses cours, ses réseaux, son énergie et ses travaux.

À Vitry, le chantier s’inscrit dans le renouvellement urbain du cœur de ville. Le groupe scolaire Jean-Moulin, rue Germain-Defresne, date des années 1970. Il comprend aujourd’hui une maternelle de 10 classes, une élémentaire de 22 classes et de grandes cours au sud du site. Le programme prévoit une nouvelle halte-garderie en rez-de-chaussée, des extensions, un centre de loisirs élémentaire, deux salles polyvalentes au-dessus de la halte-garderie, des ascenseurs, des préaux, un city stade, ainsi que l’isolation des façades et des toitures.

Le marché publié par la Ville chiffre le périmètre physique: 685 m² de surface de plancher créée en extension, 3 500 m² d’espaces extérieurs réaménagés et, à la fin, 6 054 m² de surface de plancher pour l’ensemble existant et neuf. La livraison est prévue pour la rentrée de septembre 2030. Le coût précis de l’opération n’est pas indiqué dans l’avis.

À Villejuif, la crèche Robert-Lebon part d’une autre configuration. L’établissement municipal accueille aujourd’hui 60 enfants. Dans le projet Lebon-Lamartine, la crèche est maintenue sur place mais reprise en profondeur: le bilan de concertation prévoit de passer de 60 à 75 berceaux et d’installer un espace multi-accueil. La Ville a aussi annoncé l’ouverture, dès janvier 2026, d’un multi-accueil temporaire de 15 berceaux, “Petit Lebon”, dans les locaux du groupe scolaire, pour maintenir l’accueil pendant la réhabilitation.

L’avis de marché donne la mesure technique du chantier. Il porte sur 13 lots: désamiantage, curage, gros œuvre, isolation thermique par l’extérieur, structure bois, toiture végétalisée, ventilation, plomberie, cuisine, aménagements extérieurs. La durée prévisionnelle des travaux est de 14 mois, période de préparation comprise. L’opération de crèche est estimée à 4 millions d’euros dans la délibération de Villejuif sur la taxe d’aménagement majorée du secteur Lebon-Lamartine.

Ces deux dossiers prolongent, par le bâtiment, le sujet déjà posé par les 114 places supplémentaires annoncées dans les crèches départementales. Les chiffres de capacité comptent, bien sûr. Mais ils ne tiennent pas seuls. Ils dépendent de locaux assez grands, accessibles, ventilés, isolés, sécurisés, de cours utilisables, de chantiers phasés et de solutions temporaires quand un équipement doit continuer à vivre pendant les travaux.

Depuis le 1er janvier 2025, les communes sont autorités organisatrices de l’accueil du jeune enfant: elles doivent recenser les besoins, informer les familles et, pour les plus grandes, planifier le développement des modes d’accueil. À Vitry comme à Villejuif, cette responsabilité prend une forme très matérielle. Elle passe par un rez-de-chaussée à créer, une crèche à désamianter, une cour à reprendre et des enfants à accueillir pendant que les murs changent autour d’eux.

Sources consultées
  1. Ville de Vitry-sur-SeineRenouvellement urbain: agrandissement de l’école Jean-Moulin
  2. France Marchés / BOAMPTravaux de réhabilitation lourde et extension de la crèche Robert Lebon
  3. Grand-Orly Seine BièvreVillejuif, bilan de concertation de la déclaration de projet Lebon-Lamartine
  4. Ville de VillejuifDélibération relative à la taxe d’aménagement majorée du secteur Lebon-Lamartine
  5. Direction générale des collectivités localesLe service public de la petite enfance