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Paris Est Marne & Bois veut choisir où l’IA peut servir

Paris Est Marne & Bois confie à Civiteo et Datactivist un plan d’actions IA pour cadrer les usages possibles dans ses services publics.

Carte abstraite d'une IA publique

Paris Est Marne & Bois a attribué un accord-cadre pour élaborer son plan d’actions en intelligence artificielle. Le marché, conclu le 10 juin avec un groupement mené par Civiteo, avec Datactivist, peut atteindre 200 000 euros HT par an. Vingt-cinq offres ont été reçues.

Dans le Val-de-Marne, Paris Est Marne & Bois ne se contente donc plus de parler d’IA. L’établissement commence à organiser les conditions de son usage. La question devient plus concrète : où l’outil peut-il aider sans brouiller la décision publique ?

Paris Est Marne & Bois réunit 13 communes, de Vincennes à Champigny-sur-Marne, de Maisons-Alfort à Bry-sur-Marne, pour environ 520 000 habitants. Ses services touchent à des matières très ordinaires, donc très riches en données : collecte des déchets, eaux usées et eaux pluviales, urbanisme, développement économique, plan climat, environnement. Ce sont des domaines où les cartes, les dossiers, les signalements, les calendriers et les contraintes techniques s’empilent vite.

Un plan d’actions IA sert précisément à faire le tri avant l’achat d’outils. Synthétiser des documents internes, explorer des données territoriales, repérer des incohérences dans des dossiers, aider à prioriser certains contrôles ou produire des tableaux de bord n’a pas la même portée que recommander une décision individuelle à un usager. Dans une collectivité, une limite technique devient vite une limite publique : quelles données entrent dans le système, qui vérifie la réponse, qui assume l’erreur, quelles tâches restent humaines ?

Le document public ne donne pas encore la liste des usages qui seront retenus. Il fixe plutôt le niveau de maturité du sujet : Paris Est Marne & Bois ne déploie pas encore un service IA identifié, il se dote d’une méthode pour choisir ses usages.

Le territoire a déjà un point d’appui avec AMELIA, projet utilisant l’intelligence artificielle porté avec WaltR, Bruitparif, l’Université Gustave Eiffel et IFP Énergies Nouvelles. L’objectif est de produire une cartographie dynamique croisant bruit, qualité de l’air et mobilité sur le territoire de Paris Est Marne & Bois. Ce n’est pas le même objet que le nouveau plan d’actions, mais l’exemple montre ce que l’IA publique peut avoir de très local : non pas une machine bavarde, mais une manière de mieux voir ce qui circule, pollue, gêne ou oblige à agir.

Le choix de Civiteo et Datactivist confirme cette orientation. Le premier travaille sur les politiques publiques de la donnée et de l’IA. Le second vient de l’ouverture, de la circulation et de l’usage des données. Le marché ressemble donc moins à une commande de logiciel qu’à une mission de doctrine opérationnelle : identifier les cas utiles, les données disponibles, les risques, les règles et les premières expérimentations possibles.

Cette étape arrive au moment où l’État pousse lui aussi les collectivités vers des usages plus structurés, avec le programme Territoires d’IA lancé avec la Banque des Territoires. La CNIL rappelle de son côté une contrainte simple : dès qu’un système traite des données personnelles, la finalité, la sécurité et les droits des personnes doivent être pensés dès le départ.

Pour Paris Est Marne & Bois, l’innovation commence dans ce travail de sélection. Avant l’outil, il faut décider où la machine peut entrer dans les services du territoire, et où elle doit rester à la porte.

Sources consultées
  1. TED404060-2026 - Résultats
  2. Paris Est Marne & BoisLe Territoire
  3. Paris Est Marne & BoisAMELIA
  4. BruitparifLe projet AMELIA
  5. DINUM / numerique.gouv.frTerritoires d’IA
  6. CNILIA : Définir une finalité