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À Fontenay, l’Ofpra prépare un déménagement sans pause

L’Ofpra prépare son futur siège dans l’immeuble Joya, toujours rue Carnot, pour maintenir le service public de l’asile après la fin de ses baux.

Illustration - Rue Carnot et dossiers

À Fontenay-sous-Bois, l’Ofpra prépare un déménagement de quelques numéros de rue, avec une mécanique autrement plus complexe qu’un simple transfert de bureaux. L’Office français de protection des réfugiés et apatrides, dont le siège est aujourd’hui au 201 rue Carnot, prévoit son futur siège dans l’immeuble Joya, aux 198-200 rue Carnot, à Val-de-Fontenay.

Le marché de travaux publié en juin porte sur l’aménagement du rez-de-chaussée, du R+1 et du R+2 du futur siège. Les entreprises ont jusqu’au 29 juin à midi pour répondre. Cinq lots sont ouverts : plâtrerie, plafonds, menuiseries et peinture ; sols ; cloisons modulaires ; électricité ; chauffage, ventilation, climatisation et plomberie. La durée estimée est de six mois. Le coût précis des travaux n’est pas publié dans l’avis consulté.

Le calendrier explique la tension. L’Ofpra indique devoir quitter ses locaux actuels, dont les baux prendront fin le 31 décembre 2026, limiter le risque de double loyer et garantir la continuité de l’asile comme service public. Les documents mentionnent aussi la coordination avec les travaux du bailleur, notamment pour les espaces destinés à recevoir du public et les installations techniques. Autrement dit, le déménagement ne consiste pas seulement à déplacer des postes de travail. Il faut refaire des espaces d’accueil, des circulations, des box, des réseaux électriques, des systèmes techniques et des lieux de travail sans désorganiser les dossiers en cours.

Cette organisation est dense. L’Ofpra statue sur les demandes d’asile et de statut d’apatride, assure la protection juridique et administrative des personnes protégées et conseille l’État sur l’asile à la frontière. Son organisation reste centralisée à Fontenay-sous-Bois, hors antennes de Guyane et de Mayotte. L’établissement compte plus de 1 000 agents depuis 2020. La majorité des entretiens se tient au siège, où les demandeurs convoqués viennent avec une adresse précise sur leur convocation.

En 2025, 145 211 demandes d’asile ont été enregistrées à l’Ofpra et 156 590 décisions ont été rendues en première instance, selon les données du ministère de l’Intérieur. Ce volume donne l’échelle réelle du chantier : un retard immobilier peut vite devenir un problème de continuité, surtout quand les entretiens, les décisions, les interprètes, les agents et les usagers dépendent d’un site physique bien identifié.

Les archives ajoutent une autre couche. L’Ofpra indique conserver 14 kilomètres linéaires d’archives liées à un siècle de protection des réfugiés. Un autre marché prévoit la fourniture, l’installation et la maintenance de rayonnages d’archives dans le cadre du déménagement, avec récupération d’une partie des rayonnages fixes existants. Ici, même les étagères font partie de la continuité du service.

Pour le Val-de-Marne, le mouvement est discret mais révélateur. L’Ofpra ne quitte pas Fontenay. Il reste dans le même secteur, près de Val-de-Fontenay, à proximité du RER A et du RER E. Une grande administration nationale de l’asile continue donc de tenir dans un morceau très concret de ville : un bail qui expire, un immeuble à adapter, des offres à remettre avant le 29 juin et une adresse rue Carnot qui doit rester lisible pour ceux qui y sont convoqués.

Sources consultées
  1. BOAMPAvis de marché n°26-56378, “Marché de travaux pour le déménagement de l’Ofpra”
  2. PLACE, Plate-forme des achats de l’ÉtatDétails de la consultation 202602001, marché d’études pour le déménagement du siège francilien de l’Ofpra
  3. OfpraVenir à l’Ofpra
  4. Direction générale des étrangers en FranceLes demandes d’asile pour l’année 2025
  5. OfpraNos fonds d’archives