À Vitry-sur-Seine, le chantier de la future gare Les Ardoines révèle une profondeur inattendue du Val-de-Marne. L’Inrap y signale un campement de chasseurs-cueilleurs du Mésolithique, en bord de Seine, daté d’environ 10 000 ans.
La scène tient presque dans un renversement. Rue Léon-Geffroy, on regarde d’ordinaire vers le métro automatique, les correspondances à venir, la transformation d’un ancien secteur industriel. La fouille ramène le regard vers un autre usage du même paysage : une halte près du fleuve, où des groupes humains ont taillé le silex bien avant les premières installations agricoles.
Ce détail change l’échelle de Vitry sans la sortir de son réel. Les Ardoines restent un chantier, avec ses palissades, ses accès contrôlés, sa future gare de la ligne 15 Sud. Mais sous cette carte très contemporaine apparaît un paysage plus ancien : la Seine comme ressource, comme passage, comme lieu où l’on s’arrête pour travailler une matière utile.
Le site sera ouvert au public samedi 13 juin, de 10 h à 17 h, dans le cadre des Journées européennes de l’archéologie. L’archéologue Bénédicte Souffi et son équipe doivent y présenter le chantier de fouilles de la future gare Les Ardoines, au 88 rue Léon-Geffroy, avec des ateliers de médiation autour des modes de vie des groupes mésolithiques et de la taille du silex. Les inscriptions se font sur la page officielle des Journées européennes de l’archéologie à Vitry, dans la limite de dix personnes par créneau; la Maison du tourisme indique qu’elles sont terminées pour le moment.
La découverte s’inscrit dans une histoire archéologique déjà dense aux Ardoines. Des fouilles précédentes avaient mis en évidence des occupations du bord de Seine du Néolithique jusqu’au Moyen Âge, avec des traces d’habitats, d’activités et de circulations anciennes. Le campement mésolithique remonte plus loin encore, vers une période où les groupes humains vivent de chasse, de collecte et de déplacements, avant la sédentarisation liée à l’agriculture.
C’est ce qui donne à l’annonce sa force locale. Le Grand Paris transforme les Ardoines en point de passage métropolitain; l’archéologie rappelle que ce bord de Seine l’était déjà, sous une autre forme. Le quartier se racontera bientôt en quais, en rames et en flux de voyageurs. Samedi, pour ceux qui auront une place, il passera aussi par un éclat de silex retrouvé dans la terre de Vitry.
Sources consultées
- InrapIl y a 10 000 ans à Vitry-sur-Seine : un campement de chasseurs-cueilleurs mésolithiques en bord de Seine
- Maison du tourisme et des projets de Vitry-sur-SeineJournées européennes de l’archéologie
- UMR Temps 8068[JEA] Portes-ouvertes du chantier de fouilles de la future gare Les Ardoines à Vitry-sur-Seine (94)
- Ville de Vitry-sur-SeineFouilles archéologiques aux Ardoines