Le chantier du collège Saint-Exupéry commence à Vincennes par une partie que les familles ne verront pas tout de suite: le sous-sol. Avant d’imaginer le retour des élèves rue de la Liberté, il faut démonter l’ancien site, retirer des terres polluées, traiter la nappe phréatique et rendre à nouveau utilisable ce morceau de Vincennes fermé depuis 2017.
Le collège avait été transféré en novembre 2017 vers un établissement provisoire cours des Maréchaux, après la découverte de solvants chlorés dans l’air intérieur, les sols et les eaux souterraines. Près de neuf ans plus tard, le chantier visible change d’échelle. Le désamiantage est terminé. La déconstruction doit se dérouler de juin à décembre 2026, avant une dépollution des sols prévue de janvier 2027 à août 2028. La nappe phréatique sera ensuite traitée pendant trois années supplémentaires.
Le Département annonce une opération de dépollution estimée à 12 millions d’euros, dans un programme global de 45 millions d’euros, avec 5 millions d’euros de cofinancement au titre du Fonds friches. En 2024, il avait déjà validé un marché de 16,5 millions d’euros avec Cardem pour le curage, le désamiantage, la démolition, la déconstruction et la dépollution. Ces montants ne racontent pas seulement un chantier cher. Ils montrent ce que coûte, dans une commune saturée, le retour d’un équipement public sur un terrain abîmé.
Vincennes fait 1,9 km² et compte plus de 25 000 habitants au km². Dans une ville aussi dense, un hectare scolaire n’est pas une réserve que l’on abandonne facilement. La contrainte territoriale est nette: réparer longuement le site existant ou prolonger encore une situation provisoire qui dure déjà depuis l’automne 2017.
Autour du futur collège, le chantier emporte aussi d’autres choix de ville. Le Département pilote la dépollution, la démolition partielle et la reconstruction de l’établissement. La Ville doit aménager un jardin public, des voiries et un programme de logements comprenant une part de logements sociaux. Dans la même commune, la restructuration du centre Georges-Pompidou disait déjà quelque chose de cette équation vincennoise: refaire de grands équipements publics là où le foncier manque presque partout.
La reconstruction du collège reste le point le plus fragile du calendrier. Un marché global de performance estimé à 23 millions d’euros hors taxes pour la réhabilitation lourde et la reconstruction partielle a été clos en 2025 sans lauréat, avec pour motif officiel une décision de l’acheteur « faute de fonds suffisants ». Les documents publics maintiennent toutefois un début de reconstruction au début de 2030 et une réouverture visée à la fin de 2031, autour de la Toussaint selon le Département.
D’ici là, Saint-Exupéry sera d’abord un chantier de réparation urbaine. Rue Diderot, les camions devront être encadrés, les poussières limitées, les entrées et sorties sécurisées pendant les périodes scolaires. Pour Vincennes, le retour du collège ne commence pas par une façade neuve. Il commence par des terres à sortir, une nappe à traiter et un site public à rendre enfin habitable.
Sources consultées
- Ville de VincennesCollège Saint-Exupéry, un chantier hors norme avant la renaissance du site
- Département du Val-de-MarneSéance du Conseil départemental du 4 mai 2026
- Ville de VincennesAltérations des sols
- Centrale des marchés / TEDMarché Global de Performance pour la reconstruction du collège Saint-Exupéry à Vincennes
- InseeComparateur de territoires, commune de Vincennes