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À Vincennes, économiser l’eau commence par savoir quel robinet compte vraiment

Vincennes confie à SAFEGE une étude de 50 000 € HT pour mieux mesurer l’eau utilisée par ses bâtiments, ses rues et ses jardins.

Robinet et arbre en ville

Vincennes va examiner l’eau qui passe par ses propres bâtiments, ses rues et ses jardins. La Ville a attribué le 5 juin 2026 à SAFEGE une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage pour une étude de « sobriété en eau » sur son patrimoine communal. Montant du marché: 50 000 € HT. Durée prévue: douze mois.

Le périmètre dépasse les factures des bâtiments municipaux. L’étude doit porter sur l’ensemble du patrimoine municipal, bâti et non bâti: écoles, équipements, voirie, espaces publics, arrosage automatique, nettoyage. Son objectif est de repérer les leviers d’économie et de classer les priorités. En clair: décider où l’eau est indispensable, où elle est mal utilisée, et quels travaux ou réglages méritent d’être faits en premier.

À Vincennes, cette question prend une forme très concrète. La commune tient dans moins de 2 km², avec plus de 48 000 habitants. Elle cherche pourtant à garder une présence végétale dans une ville très dense: environ 7 hectares d’espaces verts, plus de 4 000 arbres, des massifs, des jardinières, des rues-jardins, et plus de 2 000 m² de nouveaux jardins publics annoncés à l’horizon 2026.

Dans une ville chaude, la sobriété se fait presque comptable. Les arbres, les sols moins imperméables et l’ombre deviennent utiles pour supporter l’été. Mais ce qui rafraîchit demande aussi de l’eau, surtout quand les pluies deviennent irrégulières. En 2025, selon le rapport de développement durable présenté au conseil municipal du 1er avril 2026, la consommation d’eau de la Ville a augmenté de 22,5 % par rapport à 2024. Le bâti communal a baissé de 3 %. Les espaces verts, eux, ont bondi de 73,6 %, sous l’effet d’un besoin accru d’arrosage après un été très chaud.

La Ville n’en est pas à son premier geste. Son Plan Eau, lancé en 2023, prévoyait déjà des alertes de surconsommation sur les bâtiments publics, la voirie, les espaces verts et le parc municipal des sports. Il mentionnait aussi la réduction du lavage des rues, la récupération d’eaux grises du centre aquatique Le Dôme pour le nettoyage, des équipements économes dans les bâtiments municipaux, des sondes au pied des jeunes arbres et une gestion plus fine de l’arrosage automatique.

La nouvelle étude sert donc à passer d’une liste de mesures à des choix classés. Réduire une chasse d’eau défectueuse dans une école, limiter un lavage de rue, récupérer une eau déjà disponible, choisir une plante moins gourmande ou maintenir l’arrosage d’un jeune arbre ne relèvent pas du même calcul. Certains litres sont du gaspillage. D’autres protègent un investissement végétal ou un usage public.

Le mouvement rejoint le Plan Eau national, qui vise une baisse de 10 % des prélèvements d’ici 2030 et insiste sur la mesure des volumes. À Vincennes, cette logique descend à hauteur de trottoir: une cour d’école, un massif, une bouche d’arrosage, un vestiaire, une rue lavée une fois de trop. La sobriété en eau ne se décidera pas seulement dans une grande règle municipale, mais dans la liste précise des usages que SAFEGE doit maintenant aider la Ville à trier.

Sources consultées
  1. France MarchésEtude « sobriété en eau » du patrimoine communal de Vincennes Assistance à maîtrise d’ouvrage
  2. Ville de VincennesRapport de développement durable 2025 de la ville de Vincennes, conseil municipal du 1er avril 2026
  3. Ville de VincennesPlan Eau
  4. Ville de VincennesEspaces verts
  5. Ministère de la Transition écologiquePlan d’action pour une gestion résiliente et concertée de l’eau