À Valenton, le SIAAP prépare la rénovation d’ouvrages de digestion de l’usine Seine Valenton. Le mot est technique, mais l’objet est très concret: de grandes cuves où les boues issues des eaux usées fermentent, produisent du biogaz, puis alimentent la production de biométhane du site.
Le marché publié début juin porte sur des digesteurs après leur arrêt décennal. Avant les travaux, SIVAL, qui exploite et maintient l’usine pour le SIAAP, doit assurer la mise à l’arrêt, le curage jusqu’aux bétons, la sécurisation et la remise en service. Le marché vise ensuite les travaux dans l’ouvrage: échafaudages, réfection des étanchéités intérieures, reprises de peinture et de résine, réparations de génie civil.
L’opération relève du maintien en état. Elle montre pourtant une part essentielle du système. À Valenton, l’assainissement n’est pas seulement une affaire de tuyaux et de bassins. C’est une usine de 84 hectares, mise en service en 1987, qui traite les eaux usées d’une grande partie du sud-est de l’agglomération parisienne, dont la quasi-totalité du Val-de-Marne. Sa capacité atteint 600 000 m³ par jour, et jusqu’à 1,5 million de m³ par temps de pluie.
Les montants publiés restent partiels. L’avis prévoit deux lots: la pose d’échafaudages et la remise en état des digesteurs. Les plafonds des prestations à bons de commande sont fixés à 200 000 euros HT pour le premier lot et à 500 000 euros HT pour le second. Le marché comprend aussi une part forfaitaire dont le montant n’apparaît pas dans l’avis. Les travaux sont prévus sur 48 mois à partir du 1er octobre 2026.
Depuis 2024, Valenton accueille une unité de production de biométhane présentée par le SIAAP et Veolia comme la plus importante en France pour ce type de ressource issue de l’assainissement. Le SIAAP et Veolia annoncent 45 GWh injectables chaque année dans le réseau GRDF à partir de 2025, soit l’équivalent des besoins de plus de 10 000 foyers. Cette unité valorise le biogaz produit par la méthanisation des boues. Autrement dit, les digesteurs ne sont pas un détail annexe: ils sont l’un des passages obligés entre les eaux sales de la métropole et l’énergie récupérée sur le site.
Cette entrée est différente du renouvellement du contrôle-commande de Seine Valenton, déjà signalé en mai. Le contrôle-commande concerne le pilotage invisible. Les digesteurs renvoient au corps de l’usine: béton, étanchéité, gaz, humidité, corrosion, interventions planifiées. Dans les deux cas, la même leçon revient. Une grande infrastructure ne tient pas seulement parce qu’elle a été construite. Elle tient parce qu’on accepte de la rouvrir, de l’arrêter par morceaux et de réparer ce qui travaille dans l’ombre.
À Valenton, cette part de la transition énergétique passe aussi par cela: des échafaudages montés dans des cuves, des parois reprises, des bétons inspectés, puis des digesteurs remis en service.
Sources consultées
- France Marchés / BOAMPTravaux de rénovation des ouvrages de digestion de l’usine de SEV à Valenton, annonce n° 26-55284
- Syctom / SIAAPCométha, dossier d’information, l’unité pilote à Seine Valenton
- Veolia FranceVeolia et le SIAAP inaugurent la plus grande unité de production de biométhane issu de l’assainissement en France, à Valenton
- 94 Citoyens avec AFPÀ Valenton, la station d’épuration va produire du biogaz pour l’équivalent de 10 000 foyers