Rue de Fontenay, le centre Georges-Pompidou est déjà un chantier. Les palissades entourent le site, l’avenue du Château est coupée au nord de la rue de Fontenay et les accès doivent composer avec les livraisons, les riverains, les commerces et les engins.
L’avis publié début juin ajoute une donnée nette à cette transformation: le coût de réalisation des travaux de la phase 2 est désormais fixé à 33,54 millions d’euros hors taxes, à périmètre constant. Il ne lance pas un projet nouveau. Il modifie le mandat de maîtrise d’ouvrage déléguée déjà confié pour piloter la restructuration et l’extension du centre, en tenant compte notamment de la prolongation de la phase de conception, démolition et curage.
À Vincennes, ce genre de chantier ne se résume pas à une remise au goût du jour. La commune compte environ 48 400 habitants sur moins de 2 km². Quand un grand équipement public vieillit, il n’y a pas beaucoup d’endroits où le déplacer. La marge de manœuvre se joue donc sur place, dans la capacité à refaire mieux avec le même morceau de ville.
Le centre Georges-Pompidou, inauguré en 1978, concentrait beaucoup plus qu’une salle et un gymnase. La Ville indique qu’il accueillait plus de 10 000 spectateurs par an, plus de 2 500 adhérents d’associations sportives chaque semaine, ainsi que des élèves des écoles. Sa rénovation répond à plusieurs limites identifiées par la Ville: bâtiment vieillissant, problèmes d’étanchéité, sécurité, accessibilité, salle de spectacle trop contrainte pour certains usages.
Le futur équipement doit garder cette double vie culturelle et sportive. Le projet prévoit notamment un gymnase multisports avec tribune, une salle de spectacle modernisée et un espace vert de 2 500 m² à la place de l’ancienne dalle. Ces choix disent bien l’arbitrage vincennois: il ne s’agit pas seulement de refaire des murs, mais de rendre le même site plus utile, plus praticable et un peu plus respirable.
Pour l’instant, les effets les plus visibles sont ceux du chantier. L’avenue du Château est fermée à la circulation sur la partie concernée. Un passage vers la rue Charles-Pathé doit maintenir certains accès, notamment pour le parking de la résidence Saint-Louis, les livraisons et le chantier. Les places réservées aux personnes en situation de handicap au 36, rue de Fontenay restent annoncées comme accessibles.
Le centre Pompidou ne rouvrira pas demain matin avec un ruban neuf et des ballons. Mais derrière les palissades, Vincennes joue une partie très concrète: garder en cœur de ville un lieu où l’on puisse encore faire du sport, voir un spectacle, aller à une activité associative ou accompagner une classe. Dans une commune aussi dense, c’est déjà beaucoup demander à un seul bâtiment.