À Gustave Roussy, les chirurgiens ont retiré un œsophage atteint par un cancer sans ouvrir le thorax. L’intervention, réalisée en avril à Villejuif avec le robot da Vinci Single Port, est présentée par l’institut comme une première française.
Le point important n’est pas seulement le robot. C’est le chemin emprunté. L’œsophage descend du cou vers l’estomac en traversant la cage thoracique, une zone difficile à atteindre. Dans certaines opérations, l’accès à sa partie thoracique peut passer entre les côtes. À Villejuif, l’équipe de la Dre Léonor Benhaim a utilisé une approche transdiaphragmatique : les instruments et la caméra sont passés sous les côtes, par une seule ouverture de quelques centimètres.
Ce choix peut compter pour les patients, car la chirurgie de l’œsophage expose notamment à des complications pulmonaires. L’Institut national du cancer les cite parmi les complications précoces possibles après ce type d’intervention. Réduire le passage par la cage thoracique n’est donc pas une coquetterie technique : c’est une piste pour limiter une partie de l’agression opératoire.
Gustave Roussy indique que l’intervention a permis de retirer l’organe malade puis de reconstruire le tube digestif en utilisant l’estomac. Les suites opératoires de la patiente ont été simples, selon l’institut, avec très peu de douleurs liées à cette approche.
Il faut toutefois garder l’échelle juste. Pour l’instant, il s’agit d’un cas annoncé, pas d’une nouvelle prise en charge généralisée. La suite dira chez quels patients cette technique peut être répétée, avec quels bénéfices mesurés sur la douleur, les complications, la récupération ou la durée d’hospitalisation.
Cette première s’inscrit dans une progression engagée à Villejuif depuis 2025. Gustave Roussy indique avoir été, en janvier de cette année-là, le premier établissement d’Île-de-France équipé du da Vinci Single Port. En mars 2025, ses équipes avaient déjà réalisé avec ce système des interventions digestives sur le côlon et le foie, également présentées comme des premières françaises.
Avec l’œsophage, l’enjeu est net : il ne s’agit pas d’admirer une machine, mais de comprendre comment un centre de cancérologie tente de changer l’accès à un organe difficile. Le robot attire le regard. Le vrai sujet, ici, c’est le passage choisi par les chirurgiens.