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À Bonneuil, deux kilomètres de route pour mieux brancher le port

Le chantier du prolongement de la RN406 a repris. À Bonneuil, l’enjeu tient surtout aux camions qui traversent encore les axes locaux.

Chantier routier près du port

Un port peut avoir le fleuve, le rail, des entrepôts, des entreprises, et rester embarrassé par ses derniers kilomètres de route. À Bonneuil-sur-Marne, c’est le problème que le prolongement de la RN406 doit enfin traiter.

Le chantier a repris le 23 avril, après un arrêt provoqué par la découverte de sols très pollués. Il s’agit de créer environ deux kilomètres de liaison directe entre l’échangeur RN19/RN406 et le port. Deux kilomètres seulement, mais placés au bon endroit: entre le réseau routier principal et une plateforme logistique déjà importante dans le sud-est francilien.

Aujourd’hui, une partie du trafic lié au port passe encore par des axes locaux. Le Département met en avant un objectif très concret: 900 poids lourds de moins par jour sur la RD10 et 600 de moins sur la RD130, selon les estimations du projet. Ces chiffres ne promettent pas une ville sans camions. Bonneuil reste une commune portuaire. Ils disent plutôt ceci: si la route fait son travail, une part du trafic doit rejoindre le port par un itinéraire plus direct.

Le tracé prévu reliera l’échangeur au port en franchissant la rue des Sablons, la Grande Ceinture ferroviaire et la rue Louis Thébault, avant de longer le secteur des Petits Carreaux. Deux nouveaux accès portuaires doivent être créés. Le chantier porte notamment sur les passages sous la voie ferrée et sur les rétablissements de voirie.

Avant le soulagement annoncé, il y aura donc encore des travaux. Une section déviée de la rue Louis Thébault doit être fermée entre l’été 2026 et l’été 2027, tandis que les accès aux parcs d’activités des Petits Carreaux et à l’Écoparc doivent rester maintenus. C’est le paradoxe familier des chantiers utiles: ils commencent par compliquer ce qu’ils promettent d’améliorer.

La route ne remplace pas le fleuve. Elle règle plutôt une partie du dernier kilomètre, celui qui continue d’exister même quand le fret arrive par l’eau. C’est aussi ce que racontait déjà la réflexion sur la navette fluviale entre Gennevilliers et Bonneuil: le report vers l’eau ne supprime pas le besoin d’un accès routier bien pensé aux portes du port.

Le coût global annoncé atteint 182 millions d’euros, avec l’État, la Région, Haropa Port, le Département, la Métropole du Grand Paris et Grand Paris Sud Est Avenir parmi les financeurs. La mise en service est envisagée fin 2028.

D’ici là, le bon indicateur ne sera pas le ruban coupé, ni la longueur de route ajoutée sur la carte. Ce sera plus simple: regarder si la RD10 et la RD130 respirent mieux. Les habitants n’auront pas besoin d’un grand discours sur la logistique. Ils sauront compter les camions.