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Dans le Val-de-Marne, des familles d’accueil recrutées pour tenir la protection de l’enfance au quotidien

Le Département compte 385 assistants familiaux pour 635 enfants et jeunes majeurs accueillis, dans un métier à domicile inscrit dans le service public.

Illustration - famille d’accueil

Une chambre, des repas, des trajets d’école, des rendez-vous avec les services sociaux: dans le Val-de-Marne, une partie de la protection de l’enfance passe par des gestes ordinaires. Elle repose aujourd’hui sur 385 assistants familiaux, qui accueillent 635 enfants et jeunes majeurs de 0 à 21 ans.

Le Département remet ce métier en avant et recrute en CDI. L’assistant familial n’est pas un parent adoptif, ni un assistant maternel. C’est un professionnel agréé et salarié, qui accueille à son domicile un enfant confié au titre de la protection de l’enfance. Le logement privé devient alors un lieu de travail très particulier: on n’y compte pas ses heures, et l’enfant y est attendu matin, soir, week-end compris.

Le Val-de-Marne organise cet accueil à partir de cinq antennes de placement familial. Trois sont dans le département, à Créteil, Joinville-le-Pont et Sucy-en-Brie. Deux autres sont plus loin, à Nevers et Montpellier. Cette géographie dit quelque chose du sujet: protéger un enfant val-de-marnais ne se résume pas toujours à trouver une solution dans le 94. Il faut parfois chercher un foyer stable ailleurs, avec le bon cadre, le bon suivi, la bonne distance.

Cette ressource devient d’autant plus précieuse que l’accueil familial recule en France. Fin 2024, selon la Drees, 35 % des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance étaient accueillis chez une assistante familiale, contre 40 % en établissement. Pour les plus jeunes, jusqu’à 10 ans, l’accueil familial reste pourtant la forme majoritaire.

C’est cette pression que l’on retrouve derrière l’appel local au recrutement. Le Département cherche des personnes capables de recevoir un à trois enfants, avec agrément, formation et accompagnement professionnel. La rémunération annoncée rappelle que la mission ne tient pas seulement à la bonne volonté: environ 1 800 euros brut pour un enfant accueilli, 3 600 euros pour deux, 4 700 euros pour trois, avec une indemnité d’entretien par enfant.

Le chiffre local, 635 enfants et jeunes majeurs accueillis, donne l’échelle. Mais le métier se comprend mieux par ce qu’il déplace: une décision de protection devient une place à table, un cartable à suivre, une chambre à faire vivre, une présence à tenir. Dans le Val-de-Marne, une part du service public se joue aussi à hauteur de couloir, de table et de chambre d’enfant.