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Baignade en Marne : elle commence sous la rue

À Saint-Maur, la baignade sauvage reste interdite. Au Perreux, un chantier rappelle pourquoi la qualité de la Marne se joue aussi sous la rue.

Illustration d’un collecteur sous la Marne

À Saint-Maur-des-Fossés, le rappel tombe juste avant l’été : la baignade sauvage en Marne reste interdite. L’eau est là, les berges aussi, mais on ne transforme pas une rivière urbaine en piscine parce qu’il fait chaud.

Au Perreux-sur-Marne, le sujet se joue sous le boulevard Foch. Le Département du Val-de-Marne y a engagé depuis novembre 2025 un chantier de plus de 9,6 millions d’euros pour rénover un collecteur d’eaux usées et reconstruire la station de pompage Foch. La station doit être reconstruite d’ici au 30 juin 2026, avant le remplacement du collecteur.

Le point clé tient dans un enchaînement très concret. Le collecteur Foch, long de 970 mètres, reçoit des eaux usées, mais aussi des eaux pluviales issues de mauvais raccordements. Quand il pleut fort, le réseau peut déborder. Une partie du mélange peut alors finir dans la Marne. La baignade commence donc souvent bien avant la berge, dans la manière dont une rue, une maison ou une canalisation est raccordée.

Le chantier doit augmenter la capacité du réseau, adapter le pompage, supprimer une connexion entre eaux usées et eaux pluviales et créer des boîtes de branchement sur le domaine public. Pour les habitants, cela veut aussi dire des fermetures de voies, des déviations et du chantier en journée. Ce sont ces travaux-là, peu visibles une fois terminés, qui conditionnent les usages futurs de la rivière.

La distinction est importante : améliorer l’eau ne revient pas à ouvrir toute la Marne à la baignade. En 2025, des sites encadrés ont accueilli des baigneurs dans plusieurs communes du Val-de-Marne, avec horaires, surveillance, analyses de l’eau et possibilité de fermeture. La baignade autorisée est un lieu géré, pas seulement un endroit où l’on descend dans l’eau.

À Saint-Maur, l’interdiction reste donc en place. Au Perreux, les travaux continuent sous la rue. Entre les deux, il y a la même question très locale : ce qui arrive dans la Marne avant que les habitants n’y mettent les pieds.