Avant d’emménager, il faut encore pouvoir marcher sur un sol fini, fermer une porte, entrer dans un parking, sécuriser les accès. À Créteil, le programme de 69 logements sociaux prévu dans le secteur Gizeh en est aussi à ces gestes-là.
Créteil Habitat a relancé en mai deux lots du marché de travaux : la serrurerie, la métallerie et les portes de garage d’un côté, les chapes de l’autre. Les chapes, ce sont ces couches de mortier qui préparent les sols avant les revêtements. Sans elles, les logements existent sur plan, mais pas encore sous les pieds.
L’avis ne dit pas que le chantier serait bloqué. Il invite plutôt à regarder la construction d’un immeuble autrement que par ses grandes annonces. Le marché initial, publié fin 2025, comprenait quatorze lots, du gros œuvre aux menuiseries, de l’électricité aux espaces verts. Le lot ascenseur a lui aussi fait l’objet d’une relance distincte au printemps. À ce stade, le projet n’est plus une promesse. Il n’est pas encore une adresse habitée.
À Créteil, 69 logements sociaux ne bouleversent pas l’équilibre de la ville. La commune compte déjà un parc social très important, largement au-dessus du seuil légal, et Créteil Habitat gère près de 10 000 logements. Mais la demande reste forte : la ville indique environ 3 500 demandeurs. Dans ce contexte, chaque programme livré compte, surtout lorsqu’il ajoute aussi une surface commerciale en rez-de-chaussée.
Le secteur Gizeh porte une transformation plus large, liée notamment à l’ancien site Pernod. Ce n’est plus seulement une opération immobilière : c’est un morceau de ville qui doit trouver son usage quotidien. Les logements feront venir des habitants. La surface commerciale, si elle trouve preneur et bon usage, pourra aussi compter dans la vie du pied d’immeuble. Encore faut-il terminer les sols, poser les accès, attribuer les bons marchés.
La relance de lots n’est donc ni un scandale, ni une formalité sans intérêt. C’est une petite fenêtre sur la mécanique réelle du logement social : entre l’annonce d’un programme et les clés dans les mains, il y a souvent du béton, des appels d’offres, des entreprises à trouver et quelques serrures qui attendent encore leur tour.