Article

À Maisons-Alfort, cinq classes dans la balance avant la rentrée

La Ville conteste cinq fermetures de classes prévues ou possibles pour 2026. Trois sont fermes, deux encore conditionnelles.

École de Maisons-Alfort avant la rentrée

À Maisons-Alfort, la liste tient en cinq lignes : Jules-Ferry, Parmentier B, Saint-Exupéry, Raspail, puis Jules-Ferry encore, côté maternelle. Pour la rentrée 2026, cinq classes sont visées par une fermeture annoncée ou possible. Mais toutes ne sont pas au même stade.

Trois fermetures sont présentées comme fermes : une à l’école élémentaire Jules-Ferry, une à Parmentier B et une à Saint-Exupéry. Deux autres sont conditionnelles : une à l’élémentaire Raspail et une à la maternelle Jules-Ferry.

Le mot à regarder est donc “conditionnelles”. Il signifie que le dossier peut encore bouger, au moins sur ces deux écoles, selon les inscriptions, les radiations et les effectifs réellement constatés avant la rentrée. La Ville insiste d’ailleurs sur un point simple : les inscriptions en CP n’étaient pas terminées au moment des annonces.

La municipalité s’est opposée aux cinq fermetures par délibération. Elle avance deux alertes plus précises. À Raspail, une classe a déjà fermé à la rentrée précédente, ce qui ferait deux fermetures en deux ans si la nouvelle décision était confirmée. À la maternelle Jules-Ferry, l’école est située en réseau d’éducation prioritaire, où les effectifs plus resserrés comptent particulièrement dès les premières années.

La mairie n’a pourtant pas la main finale. Elle gère les bâtiments, une partie du quotidien scolaire, les inscriptions et les services autour de l’école. Mais ouvrir ou fermer une classe revient à l’Éducation nationale, via la direction académique. D’où la tension : les parents se tournent vers la commune, alors que l’arbitrage principal se fait ailleurs.

Maisons-Alfort s’inscrit aussi dans une rentrée très discutée dans tout le Val-de-Marne. Au Sénat, le cas du département a été résumé par 168 fermetures annoncées, 125 ouvertures et un solde de 41 postes en moins. Le gouvernement répond par la baisse des effectifs : 10 252 élèves de moins entre 2017 et 2025 dans le département, puis encore 2 728 attendus en moins à la rentrée 2026.

Reste la question locale, celle qui intéresse les familles : combien d’enfants par classe, dans quelle école, sur quel niveau ? Les audiences du 25 mars ont déjà réuni la Ville, des directions d’école, des représentants syndicaux et des parents pour Raspail, Parmentier B et la maternelle Jules-Ferry. Les prochaines semaines diront si les chiffres bougent assez pour sauver l’une des classes encore conditionnelles.

En attendant, la carte scolaire a quitté les tableaux de l’administration pour revenir à son vrai terrain : les listes d’élèves, les seuils, les salles de classe, et cette petite gymnastique de fin d’année où chacun compte les inscriptions comme on compte les chaises avant la rentrée.