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Dans les Ehpad publics du Val-de-Marne, la propreté se joue avant d’être remarquée

Un marché de bionettoyage publié le 15 mai rappelle que l’hygiène en Ehpad conditionne aussi la sécurité et le confort des résidents.

Illustration - Couloir d’Ehpad propre

Une poignée de porte, une table de chevet, un lavabo, un couloir que l’on traverse dix fois dans la journée. Dans un Ehpad, ces détails ne restent jamais longtemps neutres. Ils sont touchés, nettoyés, repris, vérifiés. Quand tout va bien, personne n’a besoin d’en parler.

Un avis publié le 15 mai au BOAMP remet cette mécanique discrète au premier plan. Le GCSMS Les Ehpad publics du Val-de-Marne, basé à Fontenay-sous-Bois, lance une consultation pour des prestations de bionettoyage, de nettoyage des locaux et de vitreries. Le marché vise plusieurs bâtiments du groupement: le pôle Richard-Tourisseau, la pharmacie à usage intérieur et le Pavillon, rue de Trucy.

Les entreprises intéressées doivent répondre avant le 18 juin à 14 heures. Une visite obligatoire est prévue le 28 mai à Fontenay. Ce n’est pas un détail anodin: avant de promettre une prestation de propreté dans un lieu de vie et de soin, il faut voir les circulations, les surfaces, les contraintes, les coins qui ne se devinent pas depuis un formulaire.

Le terme “bionettoyage” sonne technique, mais il désigne une réalité très concrète. Il ne s’agit pas seulement d’avoir des sols propres à l’œil. Dans un établissement accueillant des personnes âgées dépendantes, l’entretien des locaux participe à la limitation du risque infectieux. Produits utilisés, fréquence des passages, ordre des gestes, protection des agents, traçabilité: la propreté relève d’une organisation quotidienne, pas seulement d’une apparence.

Il faut être clair: l’avis ne signale pas un problème d’hygiène. Il ne dit pas non plus que tous les Ehpad publics du département sont concernés. Il annonce une consultation sur des sites identifiés du groupement. Mais ce type de marché éclaire bien une part souvent invisible du grand âge. Dans le Val-de-Marne, les 72 Ehpad recensés représentent 7 109 places en 2023 selon l’Insee. Derrière ces chiffres, il y a des chambres, des espaces communs, des sanitaires, des repas, des visites de familles, des infections à éviter et des agents qui doivent suivre le rythme.

Les débats sur les Ehpad portent souvent sur les tarifs, le manque de personnel, les places disponibles ou la qualité de la prise en charge. À juste titre. Mais la qualité d’un établissement se juge aussi dans des choses plus modestes: une chambre qui ne sent pas le renfermé, une salle commune entretenue, des vitres faites, un lavabo propre, un protocole suivi sans transformer chaque geste en usine à cases cochées.

C’est le même Val-de-Marne qui voit des travaux hospitaliers plus visibles, comme la future plateforme de biologie d’Henri-Mondor. Ici, l’enjeu est moins spectaculaire. Il tient dans une prestation que l’on ne remarque vraiment que lorsqu’elle manque. Dans le grand âge, c’est déjà beaucoup. Et, franchement, personne n’a envie que le sujet du jour en Ehpad soit la poignée de porte.