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Après les municipales, suivre sa mairie ne suffit pas toujours

Grand-Orly Seine Bièvre et Paris Est Marne & Bois réinstallent leurs exécutifs. Déchets, eau, urbanisme: une part du quotidien se joue aussi là.

Carte du Val-de-Marne intercommunal

Quand une collecte change, quand une déchèterie ferme, quand un permis de construire dépend d’un plan d’urbanisme ou quand une entreprise cherche le bon guichet, la mairie n’est pas toujours seule aux commandes.

Dans le Val-de-Marne, une partie de ces décisions passe par les établissements publics territoriaux. Le nom est peu aimable. Leur rôle, lui, est très concret: déchets, eau, assainissement, urbanisme, habitat, développement économique.

Après les municipales, ces territoires ont à leur tour installé ou reconduit leurs exécutifs. Au Grand-Orly Seine Bièvre, Méhadée Bernard, adjointe au maire d’Ivry-sur-Seine, a été élue présidente le 14 avril. Le nouvel exécutif a ensuite été désigné le 12 mai. À Paris Est Marne & Bois, Olivier Capitanio, élu de Maisons-Alfort, a été réélu président pour un second mandat, avec douze vice-présidents autour de lui.

La différence se verra surtout dans les dossiers suivis. Grand-Orly Seine Bièvre couvre 24 communes du Val-de-Marne et de l’Essonne, sur un arc sud qui va notamment de Cachan à Villeneuve-Saint-Georges. Paris Est Marne & Bois regroupe treize communes de l’est du Val-de-Marne, de Vincennes à Bry-sur-Marne, en passant par Champigny, Fontenay-sous-Bois, Maisons-Alfort ou Saint-Maur-des-Fossés.

Ces territoires ne remplacent pas les maires. Mais ils traitent des sujets qui dépassent vite les limites communales. Un déchet ne s’arrête pas à la frontière d’une ville. Un réseau d’eau non plus. Un plan local d’urbanisme peut encadrer des permis dans plusieurs communes. Une zone d’activité ou un équipement peut intéresser tout un bassin de vie.

Le conseil d’installation de Paris Est Marne & Bois en donne une image assez parlante. Le même jour que l’élection du président, les élus ont désigné des représentants auprès du Syndicat des eaux d’Île-de-France, du syndicat de traitement des déchets du Val-de-Marne, du Syctom et de Marne Vive. L’eau, les déchets, le traitement des ordures, la Marne: derrière une séance institutionnelle, il y avait déjà des tuyaux, des bennes et une rivière.

Au Grand-Orly Seine Bièvre, les délégations racontent la même chose autrement. Le nouvel exécutif couvre notamment l’urbanisme, le plan local d’urbanisme intercommunal, les réseaux, l’assainissement, les déchets, l’eau, l’énergie, le développement économique, l’habitat et les mobilités douces. La liste est sèche, mais les effets sont familiers: se loger, construire, jeter, circuler, travailler.

Pour le lecteur, l’enjeu est simple: savoir où se décide quoi. Quand une déchèterie ferme ou qu’un éco-site ouvre, comme La Clé Publique l’a raconté récemment dans l’est du Val-de-Marne, l’information se voit dans une commune. Mais la chaîne de décision est souvent plus large.

La prochaine étape ne se jouera donc pas seulement dans les noms des présidents et vice-présidents. Elle se jouera dans la lisibilité des décisions: qui répond quand une collecte change, qui arbitre un projet urbain, qui porte un service économique, qui explique aux habitants pourquoi une décision locale dépend d’un niveau plus large.

Après les municipales, suivre sa mairie reste indispensable. Mais pour comprendre certains choix sur les déchets, l’eau, l’urbanisme ou l’économie locale, il faudra aussi garder un œil sur les territoires. Même si leur nom donne moins envie qu’une fête de quartier.