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À Valenton, l’usine d’assainissement prépare la remise à niveau de son pilotage invisible

Le SIAAP lance une mission d’assistance pour moderniser le contrôle-commande de l’usine Seine Amont, à Valenton.

Usine d’assainissement et écrans de contrôle

Dans une usine d’assainissement, tout ne se voit pas. Il y a les bassins, les pompes, les canalisations. Et puis il y a le reste: des écrans de supervision, des armoires d’automates, des capteurs, des alarmes, des réseaux de fibres optiques. Une circulation de signaux qui permet de savoir ce qui se passe et d’agir avant qu’un incident ne sorte des murs.

C’est cette partie discrète que le SIAAP prépare à faire évoluer à l’usine Seine Amont, à Valenton. Un avis publié au BOAMP le 14 mai 2026 porte sur une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage pour le renouvellement du système de contrôle-commande du site. Autrement dit, il ne s’agit pas d’annoncer ici un chantier visible, mais de préparer la remise à niveau du système qui pilote une partie de l’usine.

Le mot « contrôle-commande » a l’air réservé aux automaticiens. L’enjeu, lui, est assez simple. Dans une installation industrielle, ce système relie les équipements aux opérateurs: il remonte les mesures, signale les anomalies, commande certains gestes techniques et garde une trace de ce qui se passe. Dans une usine d’épuration, il aide à maintenir les procédés en continu, avec des eaux usées qui n’attendent pas gentiment la fin des travaux pour arriver.

Le site de Valenton dépasse largement Valenton. Les documents publics du SIAAP et de l’État décrivent une usine qui traite les eaux d’un bassin couvrant notamment le Val-de-Marne, la vallée de la Bièvre, une partie des Hauts-de-Seine et de la Seine-Saint-Denis, ainsi que des secteurs des vallées de l’Orge, de l’Yvette et de l’Yerres. Les ordres de grandeur suffisent à situer l’enjeu: des centaines de milliers de mètres cubes d’eaux usées par jour en temps sec, davantage encore lors des épisodes de pluie.

La modernisation du pilotage n’est donc pas une coquetterie numérique. Des marchés et études déjà disponibles autour de cette opération évoquent des automates de procédé, des automates de sécurité, des cartes d’entrées-sorties, des réseaux de supervision et des fibres optiques dédiées. Une étude de conception citait notamment 94 automates de procédé, 49 automates liés à des équipements spécifiques et des dizaines de milliers de signaux ou communications à gérer.

La difficulté est très concrète: faire évoluer le système nerveux de l’usine pendant que l’usine continue de fonctionner. Il faut garder les échanges avec les installations existantes, phaser les interventions, éviter les coupures sur les équipements sensibles et préserver la continuité du service. Ce genre de modernisation ne produit pas forcément une belle image de chantier. Son résultat attendu est plus discret: que l’eau continue d’être traitée, que les alertes remontent, que les équipes gardent la main.

Pour les habitants, l’enjeu est justement qu’il n’y ait pas grand-chose à voir. L’assainissement fait partie de ces services publics dont on découvre la valeur quand ils se dérèglent: odeurs, rejets, débordements, pollution. À Valenton, le marché du SIAAP rappelle une chose simple: une métropole dense tient aussi grâce à des écrans, des capteurs et des automates qui font leur travail sans demander d’applaudissements.