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À Maisons-Alfort, l’ancien site Sanofi reste une usine pharmaceutique

Repris par Adragos Pharma, l’ancien site Sanofi de Maisons-Alfort conserve une activité industrielle de santé et près de 600 emplois concernés.

Ancien site pharmaceutique à Maisons-Alfort

Au 180 rue Jean-Jaurès, l’ancien site Sanofi n’a pas basculé vers une résidence, des bureaux ou une friche en attente. Il reste une usine pharmaceutique. Depuis le printemps, le site de Maisons-Alfort est officiellement repris par Adragos Pharma, groupe qui fabrique des médicaments pour d’autres laboratoires.

Le changement de nom ne dit donc pas tout, mais il dit déjà quelque chose: l’activité de santé reste sur place. Dans une commune dense du Val-de-Marne, où chaque grand terrain attire vite les regards de l’immobilier, ce maintien d’un site productif n’est pas anodin.

Sanofi était présent à Maisons-Alfort depuis 1948. En 2025, l’annonce de la cession avait inquiété les salariés et les élus: près de 600 emplois étaient concernés dans une usine spécialisée dans les médicaments injectables. Le site était notamment très lié au Lovenox, anticoagulant historique du groupe.

La reprise par Adragos apporte une première réponse, encore limitée dans le temps. La Ville indique que l’ensemble des salariés en CDI est transféré et que Sanofi apporte une garantie de commande. Adragos s’engage aussi à maintenir les emplois du site pendant trois ans. L’acte publié au Bodacc mentionne un fonds acquis pour un peu plus de 32,8 millions d’euros, avec une activité de fabrication de produits pharmaceutiques et de santé.

Ce que reprend Adragos n’est pas une simple adresse. Le site fabrique en conditions stériles, c’est-à-dire dans un environnement où les médicaments sont mis en seringues ou en flacons sans contamination possible. L’activité couvre notamment les seringues préremplies, les flacons liquides ou lyophilisés, le remplissage aseptique, l’inspection visuelle et le conditionnement.

Le vrai enjeu commence maintenant. Pour tenir dans la durée, l’usine devra sortir de la dépendance à un seul produit ou à un seul donneur d’ordre. Adragos dit vouloir investir, diversifier les productions et inscrire Maisons-Alfort dans son réseau européen. C’est précisément ce point qui dira si la reprise est seulement une continuité organisée, ou le début d’un nouveau cycle industriel.

Le Val-de-Marne ne manque pas de grands noms de la santé, de l’École vétérinaire d’Alfort à Gustave Roussy. Mais ici, le sujet est plus discret: des lignes de production, des techniciens, des flacons et des seringues qui doivent sortir sans défaut.

Pour les habitants, le changement restera peut-être peu visible au quotidien. Pour Maisons-Alfort, il a pourtant un sens simple: garder, dans la ville, un lieu où l’on fabrique encore.