Une chaise encore stable, un carton de vaisselle, des livres d’enfants, un petit meuble qui ne trouve plus sa place: dans un logement, beaucoup d’objets ne sont pas vraiment des déchets. Ils sont seulement sortis de la vie de ceux qui les possèdent.
C’est précisément cette zone entre le placard et la benne que la nouvelle ressourcerie de Fontenay-sous-Bois vient occuper. Ouverte le 4 avril dans la nouvelle déchèterie des Alouettes, au 33 avenue du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, elle est la deuxième ressourcerie intercommunale de Paris Est Marne & Bois, après celle de Bonneuil-sur-Marne.
Son rôle n’est pas celui d’une déchèterie classique. La déchèterie reçoit ce qui doit être trié, recyclé ou éliminé. La ressourcerie intervient avant: elle récupère des objets encore utilisables, les trie, les nettoie, les remet parfois en état, puis les revend à petit prix. Le geste change légèrement, mais il change beaucoup de choses. Avant de jeter, on vérifie si l’objet peut encore circuler.
À Fontenay, les dons sont acceptés du mardi au samedi, de 9 heures à 12 heures puis de 13 h 30 à 17 heures, ainsi que le dimanche de 9 heures à 13 heures. La vente est ouverte du mardi au vendredi l’après-midi, le samedi toute la journée aux mêmes horaires, et le dimanche matin. Les paiements se font uniquement par carte bancaire.
Les objets attendus sont ceux du quotidien: vêtements, jeux, jouets, livres pour enfants, vaisselle, décoration, petits meubles, articles de sport, puériculture, bricolage ou jardin. La liste dit assez bien à quoi sert le lieu: il ne s’agit pas de trouver des pièces rares, mais de remettre en mouvement des choses ordinaires, encore propres, encore solides, encore utiles.
Tout ne peut pas y entrer. La ville de Fontenay-sous-Bois indique que l’alimentaire, les cosmétiques, les objets électriques ou électroniques et les gros meubles ne sont pas acceptés, notamment faute d’espace de stockage. Ces déchets doivent garder leurs circuits propres: déchèterie, collecte des encombrants ou filières spécialisées. La ressourcerie ne remplace pas tout. Elle ajoute une halte pour ce qui mérite mieux qu’un départ immédiat vers la benne.
C’est ce qui rend l’ouverture intéressante au-delà de l’adresse. Paris Est Marne & Bois dit collecter environ 190 000 tonnes de déchets par an, dont près de 8 000 tonnes d’encombrants en porte-à-porte et 10 000 tonnes en déchèteries. Face à ces volumes, une ressourcerie ne règle évidemment pas tout. Mais elle déplace le réflexe: certains objets cessent d’être traités comme un problème à évacuer et redeviennent une ressource locale.
Le premier site intercommunal, ouvert à Bonneuil-sur-Marne en janvier 2024, donne déjà un ordre d’idée. Après six mois, Paris Est Marne & Bois annonçait 15 tonnes d’objets collectés et 7 tonnes reprises par de nouveaux usagers, surtout des textiles, de la vaisselle, des livres, CD et DVD. Ce n’est pas spectaculaire à l’échelle des déchets du territoire. C’est pourtant très concret à l’échelle d’un foyer: un achat évité, une cave vidée autrement, un objet qui repart chez quelqu’un.
Cette ouverture arrive aussi dans un moment où l’est du Val-de-Marne réorganise ses habitudes de dépôt, entre fermetures, éco-sites et nouveaux points d’accueil. La Clé Publique avait déjà détaillé ces changements dans un guide sur les déchèteries et éco-sites de l’est du Val-de-Marne. À Fontenay, la nouveauté est plus simple à résumer: avant de trier un déchet, il faut parfois reconnaître un objet.