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À Henri-Mondor, une nouvelle coulisse pour les analyses médicales

À Créteil, un marché de travaux fait avancer la future plateforme de biologie-pathologie d’Henri-Mondor, une infrastructure discrète mais décisive.

Laboratoire hospitalier à Créteil

Depuis janvier, certains patients d’Henri-Mondor n’ont plus besoin de courir dans un autre service pour une prise de sang ou un prélèvement urinaire. Ils peuvent passer par le hall d’entrée de l’hôpital, au niveau des admissions, sans rendez-vous, du lundi au vendredi. Le geste est banal. Le trajet du tube, lui, raconte une partie moins visible de l’hôpital.

À Créteil, cette chaîne invisible entre dans une nouvelle phase. Une consultation publique ouverte le 6 mai 2026 porte sur le lot de travaux tous corps d’état de la future plateforme hospitalo-universitaire de biologie-pathologie de territoire d’Henri-Mondor. Il s’agit d’une extension neuve et d’une restructuration. Les entreprises ont jusqu’au 26 mai pour remettre leur offre.

Le chantier ne concerne pas un service que les patients traversent chaque jour. Il touche plutôt les coulisses médicales: les prélèvements, les automates, les résultats transmis aux équipes, les tissus et cellules analysés par les spécialistes. Dans un hôpital, une partie de la décision de soin commence là, avant même qu’un traitement soit ajusté, qu’une infection soit confirmée ou qu’un diagnostic soit affiné.

Le projet donne une idée de l’échelle. L’AP-HP a présenté une opération de 8 050 m² de surface utile, avec environ 3 300 m² restructurés et près de 4 800 m² de bâtiment neuf. Le coût des travaux a été annoncé à 48,5 millions d’euros. Le cabinet Groupe 6 a été retenu pour l’architecture, avec un projet destiné à mieux relier les bâtiments existants, les laboratoires et les espaces de recherche.

Au centre, Henri-Mondor prévoit une plateforme automatisée mutualisée, appelée PHD24, pensée pour fonctionner jour et nuit. Elle doit prendre en charge une partie de la biologie de routine du groupe hospitalier: analyses du sang, examens de microbiologie, hématologie, coagulation, immunologie. Autour, cinq plateformes spécialisées sont prévues, avec un centre de prélèvements et des laboratoires liés à la recherche biomédicale.

Le calendrier annoncé place le début des travaux en 2026, avec une mise en route visée mi-2027 pour la plateforme automatisée et 2028 pour les plateformes spécialisées. Cela reste un calendrier de projet, pas une promesse de fonctionnement immédiat. Mais il montre que la modernisation d’Henri-Mondor ne se joue pas seulement dans les chambres, les blocs ou les accueils. Elle passe aussi par les circuits qui transforment un prélèvement en résultat utilisable.

L’enjeu est local, mais pas seulement pour Créteil. Le groupe hospitalo-universitaire Henri-Mondor rassemble plusieurs établissements, dont Henri-Mondor, Albert-Chenevier et Émile-Roux dans le Val-de-Marne, ainsi que Dupuytren et Georges-Clemenceau dans l’Essonne. L’AP-HP présente la future plateforme comme un outil de territoire, au service d’un bassin de 2,5 millions d’habitants.

La nouveauté déjà visible dans le hall donne une version simple de cette logique. Un patient sort de consultation, fait son prélèvement sur place, les analyses sont réalisées par le laboratoire du groupe hospitalier, puis les résultats remontent dans le dossier utilisé par les équipes. Ce n’est pas spectaculaire. C’est précisément pour cela que c’est important: moins de détour, moins de friction, une chaîne plus lisible entre le patient, le laboratoire et le médecin.

La future plateforme ne transformera pas, à elle seule, le quotidien de l’hôpital. Elle peut, en revanche, rendre plus robuste une étape décisive du soin. À Henri-Mondor, une partie du futur hôpital se prépare donc dans les laboratoires: là où un tube devient un résultat, puis parfois une décision médicale.