Les 16 et 17 juin, à l’UPEC, il ne s’agira pas de choisir un maire, un député ou un président de région. Le vote se fera en ligne, entre personnels de l’université, avec des mots qui donnent rarement envie de s’arrêter: conseils centraux, collèges électoraux, commission de la formation, commission de la recherche.
Il faut pourtant regarder un peu derrière la mécanique. Les enseignants, chercheurs, personnels administratifs, techniques et de bibliothèque éliront leurs représentants pour quatre ans. Soixante-dix élus du personnel siégeront ensuite dans les conseils centraux, aux côtés des élus étudiants. Et le futur conseil d’administration devra désigner en septembre 2026 le prochain président ou la prochaine présidente de l’UPEC.
C’est là que le scrutin cesse d’être une affaire réservée aux initiés. L’UPEC n’est pas seulement une université posée à Créteil. C’est l’un des grands acteurs publics du Val-de-Marne: formations, recherche, campus, emplois, vie étudiante, partenariats avec les collectivités, les entreprises, les hôpitaux et les lycées. Ses décisions finissent dans les formations, les services et les campus.
Les conseils centraux touchent à des sujets très concrets. Le conseil d’administration vote le budget, approuve les comptes, fixe les grandes orientations et la répartition des emplois. La commission de la formation et de la vie universitaire intervient sur les formations, les règles d’examen, l’orientation, la santé, les bibliothèques, le sport, la culture et les initiatives étudiantes. La commission de la recherche travaille sur les priorités scientifiques, les moyens des laboratoires et la politique de recherche.
Dit autrement: lorsqu’une formation ouvre, lorsqu’un règlement d’examen change, lorsqu’un service étudiant reçoit des moyens, lorsqu’un laboratoire est soutenu ou lorsqu’un campus doit choisir entre plusieurs besoins, la décision ne tombe pas du plafond. Elle passe par des instances, des votes, des compromis, parfois des désaccords.
La vie étudiante montre bien ce que ces arbitrages changent. Dans ses documents de pilotage, l’UPEC présente la contribution de vie étudiante et de campus comme un levier pour financer la santé, la culture, le sport, l’accueil, le soutien social et les projets associatifs. Ce n’est pas spectaculaire. C’est souvent ce qui décide si un campus fonctionne correctement, si un service existe vraiment, si une initiative étudiante peut démarrer.
Le scrutin restera probablement discret. C’est aussi ce qui le rend intéressant. Une université se voit souvent par ses bâtiments, ses amphithéâtres, ses diplômes ou ses files d’étudiants autour des transports. Elle se comprend aussi par ses arbitrages: combien pour la recherche, quelle place pour la vie de campus, quelles priorités pour les formations, quelle trajectoire pour l’établissement.
À Créteil et dans le Val-de-Marne, l’UPEC fait partie du paysage quotidien de milliers d’étudiants, de familles et de personnels. Ses élections internes ne feront pas grand bruit hors de l’université. Leurs effets, eux, se retrouveront dans les formations, les services et les campus que l’on utilise tous les jours.