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Santé, logement, culture: ce que les nouvelles associations disent du Val-de-Marne

À Chevilly-Larue, L’Haÿ-les-Roses et Villejuif, des créations associatives récentes pointent des besoins concrets: soins, logement, culture.

Illustration - Vie associative locale

Dans le Journal officiel des associations du 28 avril, on trouve un projet de centres de santé à Chevilly-Larue, une amicale de locataires à L’Haÿ-les-Roses, un atelier de théâtre et de lecture à Villejuif, et une association de production audiovisuelle. Pris séparément, ce sont des déclarations administratives. Mises côte à côte, ces déclarations racontent assez bien ce que des habitants du Val-de-Marne cherchent à organiser eux-mêmes.

La création la plus immédiatement parlante est celle de Medifam, à Chevilly-Larue. L’association déclare vouloir créer et gérer des centres de santé pluridisciplinaires, notamment médicaux et dentaires, avec des professionnels salariés, des soins, de la prévention et des actions pour favoriser l’accès aux soins.

Il ne faut pas lui faire dire plus qu’elle ne dit: une association déclarée n’est pas un service ouvert. Mais le sujet n’arrive pas dans le vide. Chevilly-Larue a adopté un contrat local de santé, après un diagnostic mené dans la ville. La commune y met en avant la coordination des acteurs, l’accès aux soins et la structuration de trois pôles santé. Dans ce contexte, l’objet de Medifam sonne comme une réponse possible à une préoccupation déjà identifiée localement: comment rendre les soins plus accessibles, plus proches, plus faciles à trouver.

À L’Haÿ-les-Roses, l’Amicale des locataires CNL Les Dahlias part d’un registre plus quotidien encore. Son objet parle de défense des locataires, d’habitat, d’urbanisme, de consommation, de loyers, de charges, de sécurité et de représentation auprès des instances concernées. Rien ne permet, à ce stade, d’affirmer qu’un conflit précis est derrière cette création. Mais une amicale de locataires est rarement une simple formalité. C’est souvent le moyen de passer de réclamations dispersées à une parole collective.

Le contexte local rend cette création d’autant plus lisible. L’Haÿ-les-Roses est marquée par des projets d’aménagement importants, notamment autour de Lallier-Hochart et de la ligne 14. Quand une ville change vite, les questions de logement deviennent très concrètes: combien coûtent les charges, qui suit les travaux, comment les habitants sont-ils informés, qui parle au bailleur ou à la mairie quand un immeuble se sent oublié.

Le troisième fil est culturel, mais pas décoratif. À Villejuif, Les Chemins Partagés se donne pour piliers de “transmettre, créer, jouer, lire”, avec des ateliers de théâtre, d’écriture, de films, de spectacles et d’apprentissage ludique de la lecture. À L’Haÿ-les-Roses, Openthegate Productions déclare vouloir produire et financer des œuvres cinématographiques, radiophoniques et télévisuelles. À Chevilly-Larue, Enhypen France rassemble des fans francophones d’un groupe de K-pop, avec l’objectif d’organiser des événements physiques ou en ligne.

Ces créations n’ont pas toutes le même poids. Certaines resteront peut-être modestes, ou mettront longtemps à passer de l’objet statutaire à l’activité visible. Mais leur diversité n’est pas anecdotique. Recherches & Solidarités estime qu’il existe entre 24 000 et 26 000 associations actives dans le Val-de-Marne. Entre juillet 2022 et juin 2025, les créations y sont davantage orientées qu’au niveau national vers la culture, le social et les amicales d’entraide.

Les déclarations de fin avril donnent une version concrète de cette tendance. Elles ne promettent pas de transformer le département. Elles montrent plutôt des points d’appui: se regrouper pour ouvrir des soins, défendre des locataires, faire lire des enfants, produire des films, organiser une communauté de fans. Avant une permanence, un atelier ou un rendez-vous public, il y a souvent cela: quelques lignes déposées au registre, et une idée assez nette de ce qu’il manque près de chez soi.