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À l’UPEC, le vrai test de l’apprentissage: trouver le contrat

L’UPEC organise le 20 mai un job dating à Créteil pour aider ses futurs apprentis à trouver un contrat pour la rentrée 2026.

Étudiants face aux recruteurs

Le 20 mai, l’Université Paris-Est Créteil organise un job dating pour les étudiants et futurs étudiants de son centre de formation d’apprentis. La journée aura lieu de 10h à 17h à la faculté de droit de Créteil. Les candidats pourront rencontrer des recruteurs et consulter en amont les offres disponibles sur Prosoon, la plateforme de recrutement de l’UPEC CFA. Le message est direct: pour entrer réellement en apprentissage à la rentrée 2026, il ne suffit pas de viser une formation. Il faut signer avec un employeur.

Le sujet dépasse le seul calendrier universitaire. L’UPEC CFA compte plus de 130 formations et parcours en apprentissage, du diplôme universitaire au master, dans des domaines allant du droit à la gestion, des sciences à la santé, en passant par les lettres, les langues et les sciences humaines. Lors de l’édition 2025, le rendez-vous avait réuni plus de 520 étudiants, 41 entreprises, organismes ou associations et plus de 340 offres à pourvoir. Ce n’est pas une promesse de contrat. C’est déjà mieux: un lieu où les candidatures cessent d’être abstraites.

Le contexte rend ce type de rendez-vous plus utile qu’il y a quelques années. L’apprentissage reste massif en France, avec 846 700 contrats commencés en 2025 selon les premières estimations de la Dares. Mais ce chiffre recule de 5% par rapport à 2024. Le marché ne s’effondre pas, il devient plus sélectif. Pour les jeunes, cela change la méthode: candidater plus tôt, cibler mieux, accepter parfois d’élargir le secteur ou la localisation.

L’étude de l’Association pour l’emploi des cadres le confirme: 67% des alternants du supérieur, à bac+3 et plus, disent avoir eu du mal à trouver leur entreprise d’accueil. Les refus, l’approche de la rentrée et le manque de familiarité avec les codes du recrutement pèsent vite. Un job dating bien préparé ne remplace pas le réseau, ni le CV, ni les relances. Il peut en revanche donner un cadre concret à ceux qui ne savent pas par où commencer.

Dans le Val-de-Marne, l’enjeu n’est pas théorique. Le département compte 531 054 emplois au lieu de travail, et 41 516 établissements employeurs fin 2024. Les services, le commerce et les transports dominent largement, mais l’administration, l’enseignement, la santé et l’action sociale représentent aussi une part importante du tissu local. Pour un futur apprenti, cela signifie que les débouchés ne se limitent pas à quelques grands groupes visibles: collectivités, hôpitaux, associations, PME, métiers administratifs, ressources humaines, comptabilité et relation client peuvent aussi devenir des terrains d’apprentissage.

Les employeurs, eux aussi, regardent désormais le coût et l’utilité de plus près. Depuis le 8 mars 2026, les aides à l’embauche varient selon la taille de l’entreprise et le niveau du diplôme préparé: par exemple 2 000 euros pour une entreprise de moins de 250 salariés recrutant un apprenti de niveau bac+3 à master, et 750 euros pour une entreprise de 250 salariés ou plus sur ces mêmes niveaux. L’apprentissage reste soutenu, mais il demande un vrai choix de recrutement.

C’est là que le rendez-vous du 20 mai prend son intérêt. Il ne règle pas tout. Il ne transforme pas automatiquement un étudiant en salarié. Mais il rassemble au bon moment les trois éléments qui manquent souvent: des offres, des recruteurs et des candidats déjà engagés dans une formation. Pour les futurs apprentis de l’UPEC, la journée peut servir de test grandeur nature: venir avec un CV propre, un projet clair, quelques entreprises ciblées, et repartir avec des pistes concrètes plutôt qu’une rentrée encore suspendue à un contrat.