Les clubs et associations sportives du Val-de-Marne ont jusqu’au lundi 4 mai 2026, à 18 heures, pour candidater à l’appel à projets Sport et insertion 2026. Le dispositif vise les structures capables de relier pratique sportive et retour vers l’emploi. Les dossiers se déposent sur Le Compte Asso, avec le code 4684.
L’aide ne finance pas une activité sportive classique. Elle soutient des actions construites avec France Travail ou un partenaire de l’emploi, par exemple une mission locale, une collectivité ou une structure d’insertion. Les montants sont modestes mais directement utilisables: 2 000 euros pour un créneau destiné à aller vers des publics éloignés de l’emploi, 2 500 euros pour un parcours vers l’emploi, jusqu’à 5 000 euros pour une opération Du Stade Vers l’Emploi, ou 1 000 euros par personne pour un parcours complet de trois mois.
Pour le Val-de-Marne, l’enjeu est concret. Le département compte près de 1 945 clubs sportifs affiliés et plus de 282 000 licences sportives. Il dispose aussi d’un tissu associatif dense, avec environ 20 000 à 22 000 associations. Ce maillage est précieux parce qu’un club peut parfois toucher des personnes qu’un guichet institutionnel ne voit plus, ou ne voit que tardivement.
Le besoin existe. Fin 2025, France Travail recensait 121 190 demandeurs d’emploi dans le Val-de-Marne, dont 78 000 sans aucune activité. Parmi eux figuraient 23 260 jeunes de moins de 26 ans, 34 530 bénéficiaires du revenu de solidarité active et 26 920 habitants de quartiers prioritaires. L’accès à l’emploi ne se joue pas seulement dans l’offre de postes. Il se joue aussi dans la confiance, le rythme, la capacité à reprendre place dans un collectif et à rencontrer un employeur sans se sentir immédiatement jugé par un CV.
C’est précisément le terrain du sport quand il est bien utilisé. Une séance ne remplace ni une formation, ni un accompagnement social, ni un contrat durable. Mais elle peut créer un premier contact. À Villiers-sur-Marne, une opération Du Stade Vers l’Emploi a déjà réuni demandeurs d’emploi et recruteurs autour du rugby avant des entretiens. À Créteil, une journée de recrutement par le sport a été programmée en février pour des postes liés à l’insertion par l’activité économique. À Vitry-sur-Seine, les Clubs sportifs engagés ont aussi été présentés aux acteurs locaux.
La différence entre une animation sympathique et une action utile tiendra au suivi. Les meilleurs dossiers seront probablement ceux qui savent répondre à trois questions: quel public veut-on toucher, avec quel partenaire emploi, et vers quelles suites concrètes après l’activité sportive? Une association seule peut ouvrir la porte. Une association reliée à une mission locale, une agence France Travail, une ville ou des employeurs peut éviter que cette porte se referme aussitôt.
Le délai est court, mais il reste assez clair pour agir. Pour les clubs déjà en lien avec des jeunes, des adultes en reprise de parcours, des quartiers populaires ou des structures d’insertion, l’appel à projets offre une petite marge de manœuvre très pratique: financer une première opération, formaliser un partenariat, tester un format, puis voir s’il tient au-delà de la journée. Dans un département où le sport de proximité est déjà bien présent, c’est le genre d’aide qui peut partir vite de lieux où les habitants sont déjà là.