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À Villejuif, Gustave Roussy lance son nouveau bâtiment de recherche

À Villejuif, Gustave Roussy relance les offres pour construire son Nouveau Bâtiment de Recherche, un projet clé pour la cancérologie.

Illustration - bâtiment de recherche à Gustave Roussy

À Villejuif, le futur bâtiment de recherche de Gustave Roussy entre dans le dur: les entreprises sont appelées à se positionner pour construire. Un avis rectificatif publié le 24 avril prolonge jusqu’au 15 mai 2026 la remise des offres pour les travaux du Nouveau Bâtiment de Recherche. Le marché porte sur une construction neuve de deux niveaux de socle et sept niveaux supérieurs, pour 27 522 m² de surface de plancher, découpée en onze lots allant du gros œuvre aux façades, de l’électricité aux équipements de laboratoire, jusqu’aux chambres froides, aux fluides techniques et au photovoltaïque.

Le sujet n’est pas seulement immobilier. Dans la recherche contre le cancer, les murs comptent. Un bâtiment bien conçu rapproche chercheurs, médecins, machines, données et essais cliniques. C’est précisément l’objectif affiché par Gustave Roussy, qui prévoit d’y regrouper 60 équipes de recherche et 12 plateformes technologiques. L’institut cite notamment l’analyse de données, les organoïdes, ces mini-modèles de tumeurs cultivés en laboratoire, les cellules rares et les outils d’évaluation préclinique. Derrière les termes techniques, l’idée est simple: réduire la distance entre une découverte et un traitement testé chez les patients.

Le financement confirme l’échelle du projet. Gustave Roussy a annoncé un prêt vert de 110 millions d’euros de la Banque des Territoires, complété par 40 millions d’euros de fonds propres, avec une livraison visée en 2028. Les documents de financement évoquent environ 33 000 m² pour l’ensemble du futur bâtiment, un périmètre plus large que la surface de plancher retenue dans l’avis de marché.

Pour le Val-de-Marne, l’enjeu dépasse le site hospitalier. Le bâtiment s’inscrit dans Campus Grand Parc, à Villejuif, un secteur de 80 hectares au point culminant du département, construit autour de Gustave Roussy, de la recherche en cancérologie, des entreprises biomédicales et de nouveaux programmes urbains. Un quartier scientifique ne devient crédible que si les laboratoires, les plateformes, les entreprises et les transports avancent en même temps. C’est ce qui se joue ici.

La gare Villejuif-Gustave Roussy change aussi la donne. Ouverte aux usagers de la ligne 14 en janvier 2025, elle doit accueillir la ligne 15 Sud début 2027 et pourrait recevoir jusqu’à 100 000 voyageurs par jour. Pour un centre de recherche, l’accessibilité n’est pas un confort: elle compte pour attirer des équipes, faire venir des patients, connecter les étudiants, les industriels et les cliniciens.

La compétition se joue à cette échelle. Gustave Roussy est classé sixième mondial en oncologie dans le palmarès Newsweek 2026, premier en France et en Europe. Villejuif ne regarde donc pas seulement les autres pôles franciliens, mais aussi Houston, New York, Séoul, Rochester ou Londres. Dans cette course, la réputation ne suffit pas. Il faut des équipements, des données, des essais cliniques, des financements et des mètres carrés capables de suivre.

Le besoin médical donne le fond du sujet. En France métropolitaine, 433 136 nouveaux cas de cancer ont été estimés en 2023. Dans le monde, l’Organisation mondiale de la santé anticipe plus de 35 millions de nouveaux cas en 2050, soit 77 % de plus qu’en 2022. La recherche contre le cancer va demander plus de capacité, plus de coordination et plus de vitesse.

L’avis de marché ne dit pas combien d’emplois seront créés, ni quelles équipes occuperont chaque étage, ni quels traitements sortiront demain de ces laboratoires. Il dit quelque chose de plus concret: à Villejuif, Gustave Roussy met en place les mètres carrés, les machines et les équipes qui doivent porter sa prochaine étape de recherche. Pour un territoire qui veut compter dans la santé, c’est un signal solide.