Grand-Orly Seine Bièvre a attribué un accord-cadre de quatre ans pour déployer des déchèteries mobiles et organiser la collecte en apport volontaire des déchets dangereux des ménages sur ses 24 communes. Valeur maximale annoncée: 11,56 millions d’euros hors taxes. Le lot qui concerne directement le sud du Val-de-Marne, chiffré à 3,16 millions, couvre notamment Chevilly-Larue, Fresnes, L’Haÿ-les-Roses, Rungis, Ablon-sur-Seine, Choisy-le-Roi, Orly, Thiais, Villeneuve-le-Roi, Valenton et Villeneuve-Saint-Georges. Les deux lots ont été remportés par Suez RV Île-de-France, avec une seule offre reçue pour chacun.
On parle ici de déchets très ordinaires dans la vie quotidienne, mais pas du tout ordinaires dans leur traitement: peintures, vernis, solvants, déboucheurs, antigel, produits de piscine, alcool à brûler. Le ministère de la Transition écologique rappelle qu’ils présentent un risque pour la santé ou l’environnement et qu’ils ne doivent finir ni dans la poubelle classique, ni dans les canalisations. L’Union européenne impose d’ailleurs une collecte séparée de ces déchets ménagers dangereux au plus tard depuis le 1er janvier 2025.
Ce que raconte le nouveau marché, localement, c’est moins une révolution qu’une tentative de mettre de l’ordre dans un service déjà existant mais très disparate. Aujourd’hui, une grande partie du sud du Val-de-Marne est encore renvoyée vers les déchèteries fixes du réseau Rived à Chevilly-Larue, Choisy-le-Roi et Villeneuve-le-Roi. À côté de cela, Valenton dispose d’une déchèterie mobile deux samedis par mois et Villeneuve-Saint-Georges d’un rendez-vous chaque samedi. Plus au nord, dans le même territoire, Arcueil a une déchèterie mobile tous les samedis, Cachan les 2e et 4e samedis du mois, Le Kremlin-Bicêtre les 1er et 3e samedis, et Vitry-sur-Seine cumule plusieurs points mobiles, dont un avec espace de réemploi.
C’est là que le sujet devient intéressant. Dans un territoire de 24 communes et 725 207 habitants, le mobile n’est plus un gadget de communication. C’est une manière de corriger un maillage inégal dans des zones denses où l’accès à une déchèterie fixe n’est pas simple pour tout le monde. Grand-Orly Seine Bièvre l’écrit d’ailleurs noir sur blanc dans son plan climat: le nombre de déchèteries mobiles proposant un service de réemploi fait partie des indicateurs suivis. La logique n’est donc pas seulement de mieux collecter les déchets dangereux, mais aussi de transformer ces points mobiles en services de proximité plus utiles et plus visibles.
Le point de tension, lui, est très concret: ce type de service coûte vite cher s’il est mal calibré. Le Kremlin-Bicêtre l’a montré début 2025 en annonçant l’arrêt d’une collecte de déchets toxiques en apport volontaire lancée en 2022. Motif avancé: seulement 600 apports usagers par an, pour un dispositif jugé trop coûteux. C’est probablement la leçon la plus brutale du dossier. Une collecte mobile ne sert à rien si elle est trop rare, trop peu lisible ou trop mal placée.
Le nouveau marché sera donc jugé sur des choses simples. Un calendrier compréhensible. Des lieux réguliers. Une liste claire des produits acceptés. Des trajets pas absurdes. Si Grand-Orly Seine Bièvre réussit cela, le sud du Val-de-Marne n’aura pas seulement un nouveau contrat de déchets. Il aura un service public plus praticable pour des produits que trop d’habitants gardent encore des mois dans un placard faute de savoir où les déposer.