Article

Val de Fontenay change d’échelle et devient le grand carrefour de l’est francilien

Tram, bus, métro, réaménagement de gare: Val de Fontenay s’impose comme un carrefour clé pour les déplacements de l’est francilien.

Illustration - pôle de transport francilien

Val de Fontenay change d’échelle. Avec environ 115 000 voyageurs par jour, c’est déjà la première gare de l’est francilien. Île-de-France Mobilités prévoit une hausse de fréquentation de 115 % d’ici 2035, portée par le tram T1, le Bus Bords de Marne, la future ligne 15, un éventuel prolongement de la ligne 1 et le RER E vers l’ouest. Le sujet n’est donc plus seulement d’améliorer une gare pénible. Il faut préparer un carrefour où l’est du Val-de-Marne, la Seine-Saint-Denis et Paris se reconnectent autrement.

Ce qui avance vraiment, ce sont d’abord les liaisons les plus utiles au quotidien. Le prolongement du tram T1 vers Val de Fontenay est en travaux. Île-de-France Mobilités annonce une première mise en service à mi-2028, puis l’arrivée à Val de Fontenay à l’horizon mi-2030. La ligne doit ajouter 15 stations nouvelles, en réaménager 6, relier Bobigny à Val de Fontenay en 35 minutes et proposer un tram toutes les 4 minutes en pointe. Le Bus Bords de Marne a, lui, franchi un cap décisif avec sa déclaration d’utilité publique du 4 août 2025. Il doit relier Val de Fontenay à Chelles-Gournay sur 8,5 kilomètres, avec 17 stations dans 7 communes, 33 000 voyageurs attendus par jour, des bus électriques bi-articulés et une mise en service prévue en 2030. Pour les habitants, la vraie bascule est là: des trajets de banlieue à banlieue plus directs, sans repasser mécaniquement par Paris.

Le réaménagement du pôle-gare est la pièce centrale de ce dispositif. Pas un habillage, un chantier de capacité. La gare doit absorber davantage de correspondances sans se bloquer. Et l’enjeu dépasse les quais. Autour du pôle, Île-de-France Mobilités met en avant plus de 75 hectares en mutation, 600 000 m² de projets urbains, 1 000 logements nouveaux et 300 000 m² de bureaux, soit un doublement du pôle tertiaire actuel. C’est la deuxième histoire du dossier: quand un nœud de transport monte en puissance, il change aussi la carte des bureaux, des commerces, des logements et de l’espace public.

La ligne 1 du métro reste, elle, le grand projet le plus spectaculaire et le moins sûr à court terme. Le prolongement vers Val de Fontenay prévoit trois nouvelles stations et un tunnel d’environ 6 kilomètres. Mais l’État a décidé le 14 décembre 2022 de ne pas déclarer le projet d’utilité publique en l’état, en demandant des études complémentaires, notamment sur l’impact environnemental. Le dossier est reparti avec une concertation préalable désormais annoncée par la Commission nationale du débat public. En clair, la ligne 1 reste une option sérieuse, pas un chantier lancé.

Ce qui se joue à Val de Fontenay dépasse d’ailleurs ce seul secteur. Le Cerema, l’établissement public de référence sur les mobilités et l’aménagement, rappelle que les pôles d’échanges multimodaux sont devenus un outil clé pour faciliter les correspondances et offrir une alternative à la voiture. C’est exactement ce qui se construit ici. La future ligne 15 Est, qui doit passer par Val de Fontenay entre Champigny Centre et Saint-Denis-Pleyel, s’inscrit dans la même logique de déplacements de banlieue à banlieue. Le premier grand marché de conception-réalisation de cette ligne a déjà été attribué fin 2023.

Il ne faut pas raconter cette montée en puissance comme un bloc simple. Les calendriers ne coïncident pas, la ligne 1 reste incertaine et les riverains verront d’abord les travaux. Mais le mouvement est net. Dans l’est francilien, l’investissement transport ne repose plus sur une seule promesse de métro. Il passe par un assemblage plus robuste de tram, de bus, de RER, de métro et de réaménagement urbain. Val de Fontenay n’est plus seulement un point de passage saturé. C’est l’un des endroits où se fabrique, enfin, un vrai réseau pour l’est parisien.