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À Garges, Léon l’Africain devient un héros de science-fiction

Du 24 octobre au 14 novembre, le Cube Garges accueille une installation-jeu vidéo gratuite de Mounir Ayache, entre villes futuristes et personnages virtuels.

Illustration - Léon l’Africain dans une cité futuriste

À Garges-lès-Gonesse, un voyageur du XVIe siècle va explorer le monde de l’an 2527. Du 24 octobre au 14 novembre, le Cube Garges accueille Léon l’Africain : 2527, une installation-jeu vidéo de l’artiste franco-marocain Mounir Ayache. Au programme : des monuments de Tombouctou et de Samarra imaginés cinq siècles dans le futur, et des personnages virtuels avec lesquels converser en arabe.

À l’origine de cette aventure, il y a un livre. Lorsque Mounir Ayache découvre Léon l’Africain, le roman d’Amin Maalouf, il retrouve le souffle épique du Seigneur des anneaux. Mais avec une différence essentielle : « pour une fois, le héros était arabe », raconte-t-il dans un entretien publié par Art Basel en 2024.

Le personnage a réellement existé. Hassan al-Wazzan, connu sous le nom de Léon l’Africain, était un diplomate et voyageur du XVIe siècle, passé du Maghreb à l’Italie. Son ouvrage Description de l’Afrique, publié au XVIe siècle, a fait découvrir aux lecteurs européens de nombreuses régions du continent. Ayache voit dans cette vie aventureuse la matière d’une épopée.

Inventer un futur plutôt que regarder les ruines

L’artiste explique avoir longtemps trouvé des représentations sombres de ses origines dans les œuvres qu’il découvrait. Il voulait pouvoir imaginer un avenir plus heureux pour les cultures arabes, sans renoncer à leur histoire. C’est l’un des ressorts de l’arabofuturisme, courant artistique qui emprunte à la science-fiction pour inventer d’autres récits.

Dans son installation, les monuments historiques deviennent ainsi les décors de cités futuristes. Des techniques de modélisation en trois dimensions et de photogrammétrie permettent de construire cet univers. Le résultat relève de la fiction artistique, pas de la reconstitution archéologique.

Les personnages rencontrés au cours de l’exploration sont animés par intelligence artificielle, mais leurs histoires et leurs répliques ont été écrites par des autrices et auteurs du Maghreb. La technologie permet de dialoguer avec eux ; l’écriture humaine leur donne quelque chose à raconter.

Un projet qui s’est aussi construit à Garges

Le voyage de Léon l’Africain dans le futur n’a pas commencé cette année. En 2024, à l’Institut du monde arabe, Mounir Ayache présentait déjà une installation composée de sculptures imprimées en 3D, de tirages numériques et d’un jeu vidéo consacré à Hassan al-Wazzan.

Le projet a continué à évoluer. Du 11 au 16 mai 2026, l’artiste a effectué une résidence au Cube Garges. L’établissement coproduit aujourd’hui Léon l’Africain : 2527 avec CHRONIQUES, pôle de création numérique qui présente également l’œuvre à Marseille cet automne.

L’exposition inaugure aussi Contre-Récits, le nouveau cycle du Cube consacré aux artistes qui imaginent d’autres futurs.

L’installation est accessible gratuitement dès 11 ans, du samedi 24 octobre au samedi 14 novembre 2026, au Cube Garges, 40 avenue du Général-de-Gaulle. Les horaires sont de 14 h 30 à 19 h du mardi au vendredi, et de 11 h à 19 h le samedi. Le Cube propose de réserver une place sur sa billetterie officielle.

À partir de samedi, les visiteurs du Cube pourront parcourir ces villes de l’an 2527 et tenter de converser avec leurs habitants imaginaires. Le voyageur du XVIe siècle les attendra à Garges.

Sources consultées
  1. Le Cube GargesLéon l’Africain : 2527
  2. Art BaselRéinventer les identités arabes : paroles d’artistes
  3. CHRONIQUESRésidences Plateforme CHRONIQUES CRÉATIONS
  4. Institut du monde arabeARABOFUTURS : Science-fiction et nouveaux imaginaires
  5. Biennale des imaginaires numériques CHRONIQUESLéon l’Africain : 2527
  6. Bibliothèque nationale de FranceNotice de personne « Léon l’Africain »