
Les grands peupliers qui bordaient une résidence de l’avenue de l’Est, à Pontoise, ont disparu cette semaine. La Ville avait annoncé l’abattage de 46 arbres à partir du 12 octobre. Elle prévoit désormais d’en planter 35 en décembre, mais sur une pelouse communale voisine. Le quartier retrouvera de la végétation, pas au même endroit ni à la même hauteur.
Car les peupliers n’étaient pas seulement vieillissants : leur emplacement posait aussi problème.
Des peupliers sur terrain privé, des travaux payés par la Ville
Les peupliers poussaient sur la propriété d’une résidence, dont les responsables ont demandé l’intervention de la commune. Celle-ci a accepté de prendre en charge l’abattage. Le coût de l’opération n’a pas été communiqué.
L’alignement avait déjà perdu dix arbres, notamment lors de tempêtes. Selon la mairie, les diagnostics sanitaires ont relevé des branches mortes, des feuillages clairsemés et une présence importante de gui. Les racines étaient également contraintes par des sols compactés, des revêtements, des stationnements et des réseaux.
La Ville considère le déclin de l’ensemble comme irréversible. Elle estime que conserver les arbres apparemment les plus sains conduirait à multiplier les interventions et les abattages pour raisons de sécurité dans les cinq prochaines années.
Cette justification est contestée par des opposants municipaux, qui dénoncent la disparition d’un îlot de fraîcheur. Une étude phytosanitaire réalisée en 2024 a précédé la décision, mais son contenu intégral n’a pas pu être examiné pour apprécier indépendamment la nécessité d’abattre tout l’alignement.
Une pelouse voisine pour accueillir les nouveaux arbres
La municipalité annonce 35 arbres en décembre 2026 sur un espace communal engazonné proche de l’avenue. Il s’agira de 12 arbres de Judée, 12 féviers et 11 érables pourpres.
À l’automne 2027, une haie fleurie de 260 mètres, composée de 780 arbustes, doit compléter l’aménagement.
Le choix de plusieurs essences rompt avec l’ancien alignement composé uniquement de peupliers. Surtout, la Ville souhaite offrir aux nouveaux arbres de meilleures conditions de développement, alors que le sol autour des anciens troncs était devenu très contraignant.
Les jeunes plantations ne fourniront pas immédiatement l’ombrage des peupliers adultes. Et puisqu’elles seront installées ailleurs, elles ne protégeront pas du soleil les mêmes endroits.
Pour les habitants, la question ne se résume donc pas au nombre d’arbres supprimés puis plantés. Leur taille future, leur disposition et les endroits qu’ils ombrageront comptent tout autant.
Une compensation qui doit tenir compte du lieu
Les alignements bordant les voies ouvertes à la circulation publique bénéficient d’une protection particulière en France. L’article L350-3 du Code de l’environnement encadre leur abattage et prévoit des mesures de compensation, prioritairement à proximité.
Selon Le Parisien, un arrêté préfectoral du 9 octobre autorise l’abattage de 47 peupliers, contre 46 dans l’annonce municipale. Le document complet n’a pas été retrouvé, ce qui empêche de vérifier les mesures de compensation précisément prévues pour cette opération.
L’abattage peut répondre à un besoin réel de sécurité sans résoudre immédiatement la perte de fraîcheur du quartier. La réussite du renouvellement dépendra de la croissance des nouveaux arbres, mais aussi de leur capacité à ombrager les espaces utilisés par les riverains.
En décembre, les plantations doivent commencer sur la pelouse voisine. Devant la résidence de l’avenue de l’Est, l’ancienne rangée de peupliers ne sera pas reconstituée.
Sources consultées
- Ville de PontoiseAvenue de l’Est : pourquoi les peupliers doivent-ils être renouvelés ?
- Ville de PontoiseAvenue de l’Est : un nouveau projet paysager
- Le Parisien« On supprime un îlot de fraîcheur » : à Pontoise, l’abattage de dizaines d’arbres sur l’avenue de l’Est fait polémique
- LégifranceCode de l'environnement, article L350-3