
La Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Persan a déjà programmé ses spectacles jusqu’en avril 2027. Pourtant, l’association fondée en 1965 pourrait fermer dès la fin décembre. La municipalité a décidé de mettre fin à la convention conclue avec la MJC, laissant quelque 500 adhérents dans l’incertitude sur la suite de leur saison.
Au 90, avenue Gaston-Vermeire, on vient apprendre la poterie, pratiquer le théâtre ou se faire aider dans ses démarches numériques. Trois soirs par semaine, des collégiens et lycéens y retrouvent leurs animateurs pour travailler leurs devoirs. Le vendredi, ils peuvent aussi découvrir la radio ou l’astronomie. Les jeunes de l’atelier radio réalisent même leur propre journal.
Pour Lakdar, un habitant interrogé par Le Parisien, la MJC est une seconde maison qu’il fréquente depuis cinquante ans.
Des finances contestées, mais aussi deux projets différents
La mairie justifie sa décision par les difficultés financières de l’association. La convention 2023-2025 prévoyait une subvention municipale de 260 000 € par an. Lors de son adoption, la municipalité affirmait avoir arrêté la baisse de cette aide et demandait à la MJC de développer davantage d’actions pour les 11-15 ans.
L’association rappelle une évolution plus longue. Selon ses chiffres, la subvention municipale est passée de 336 734 € en 2013 à 260 000 € depuis 2022, soit une baisse nominale de près de 23 %. Elle souligne qu’une partie de cette enveloppe finance désormais des dispositifs spécifiques, au détriment des moyens disponibles pour son fonctionnement quotidien.
Le procès-verbal du conseil municipal du 30 mars 2023 confirme ce dernier point : les 260 000 € comprennent notamment des financements pour les programmes Ville Vie Vacances et d’accompagnement à la scolarité.
Les débats municipaux de 2023 révèlent aussi un désaccord sur l’autonomie de la MJC.
Le conseil municipal avait débattu de l’utilisation des salles : auparavant, la MJC pouvait directement accueillir d’autres associations ; la municipalité entendait reprendre la décision sur ces créneaux, au nom d’une meilleure mutualisation des locaux publics.
La mairie défendait ainsi sa volonté de mieux répartir les espaces municipaux et d’orienter les subventions vers ses priorités. La MJC revendique la liberté d’une association dont les adhérents participent eux-mêmes à la vie et aux orientations.
Une mobilisation pour préserver la maison associative
Le 29 septembre, la fédération départementale des MJC appelait les habitants à assister au conseil municipal consacré à la fin de la convention. Une pétition pour sauver la MJC de Persan, lancée le 3 octobre, a depuis recueilli plus d’un millier de signatures.
Ses défenseurs demandent le maintien des emplois et la reprise des discussions. Ils redoutent notamment une reprise partielle des activités par la ville, qui pourrait conserver certains cours sans préserver l’association qui les organisait.
Depuis 1965, les habitants ne sont pas seulement des usagers : ils peuvent aussi devenir bénévoles, administrateurs et proposer des projets. Le choix des activités, leur organisation et leur continuité dépendent de cette vie collective.
À ce stade, rien ne garantit que tous les cours et les emplois seront maintenus.
La MJC annonce pourtant toujours un ciné-concert d’objets, « (Y’a du monde sur la) cordalinge », le mercredi 27 janvier à 16 heures, pour les enfants dès cinq ans. Un spectacle toujours au programme, alors que la convention avec la ville doit prendre fin le 31 décembre.
Sources consultées
- Ville de PersanProcès-verbal du conseil municipal du 30 mars 2023
- MJC de PersanAccueil, mobilisation et explications sur les subventions
- MJC de PersanSpectacles jeune public 2026-2027
- Fédération départementale des MJC du Val-d'OiseMobilisons-nous pour la MJC de Persan !
- Le Parisien« Ils ne voient que les chiffres et pas l'humain » : colère et incompréhension face à la mise à mort de la MJC de Persan
- Change.orgSauvons la MJC de Persan !