
Aux Lochères, à Sarcelles, 396 logements sociaux sont inscrits dans un programme de démolition. Soixante ont déjà disparu, dans le secteur Watteau. À leur place, ainsi que dans le secteur voisin de Paul-Valéry, près de 480 logements doivent être construits. Mais leur répartition changera : le programme prévoit de reconstituer ailleurs dans l’agglomération l’offre de logements sociaux supprimée.
Du 15 octobre au 16 novembre, une enquête publique examinera l’utilité de cette transformation engagée depuis plusieurs années, ses conséquences environnementales et les terrains que l’aménageur pourrait acquérir, au besoin par expropriation.
Reconstruire des logements, mais changer leur répartition
À Watteau, 230 logements sociaux sont concernés par les démolitions, dont les 60 déjà détruits du bâtiment « Biscotte » Fragonard. Environ 250 constructions sont prévues, dont une opération portée par Action Logement et des logements en accession à la propriété. À Paul-Valéry, 166 logements doivent disparaître, remplacés par 107 logements en accession à la propriété et 126 logements étudiants.
Le programme national de renouvellement urbain (NPNRU) cherche notamment à réduire la concentration de logements sociaux dans certains quartiers, en diversifiant les formes d’habitat.
Les logements sociaux supprimés aux Lochères doivent donc être reconstitués à l’échelle de l’agglomération Roissy Pays de France, prioritairement hors des quartiers prioritaires. Des opérations de reconstitution figurent ainsi dans la programmation intercommunale à Louvres, Marly-la-Ville ou Villeparisis.
Cette reconstitution du parc social ne doit pas être confondue avec le relogement des familles dont les immeubles sont démolis. Le relogement des ménages concernés relève des bailleurs sociaux. Le bilan actualisé de ces relogements n’est pas précisé dans les documents consultés.
Le projet vise ainsi à diversifier l’habitat des Lochères, tout en s’engageant à reconstituer l’offre sociale à l’échelle de l’agglomération. Son résultat dépendra autant de la qualité des nouvelles constructions que des possibilités réellement offertes aux ménages à reloger.
Une chaufferie et un parking compliquent l’opération
Le projet touche aussi à la circulation. Une rue doit relier les avenues Paul-Valéry et Koenig, plusieurs impasses seront raccordées et un cheminement piéton et cyclable reliera le parc Kennedy à la plaine des sports. Autant de modifications destinées à ouvrir des secteurs aujourd’hui fragmentés.
Pour réaliser ces aménagements, Séquano Aménagement doit cependant acquérir des terrains privés. Or, tout ne se règle pas à l’amiable.
Lors du conseil municipal de septembre 2025, la Ville indiquait avoir trouvé un accord pour le centre commercial Paul-Valéry. Les négociations restaient difficiles pour une chaufferie et un parking en silo situés au 49 boulevard Pierre-Koenig. Les délais imposés par les financeurs faisaient également courir un risque de perte de subventions.
C’est pour surmonter ces blocages que le conseil municipal a approuvé le recours à une déclaration d’utilité publique (DUP). Cette procédure pourrait autoriser l’expropriation de certains biens nécessaires au projet si aucun accord n’est trouvé avec leurs propriétaires. Elle est distincte du relogement des locataires des immeubles sociaux promis à la démolition.
L’opération est confiée à Séquano dans le cadre d’une concession courant jusqu’en 2030, dotée d’un budget prévisionnel d’environ 37 millions d’euros pour l’aménagement. Ce montant couvre un périmètre plus large, incluant également les Rosiers, et non l’ensemble des constructions immobilières. Les premiers travaux d’espaces publics étaient envisagés pour 2027.
Ce que l’enquête peut encore changer
Du 15 octobre au 16 novembre 2026, les habitants pourront examiner les plans, les emprises foncières et l’étude d’impact environnemental. L’enquête porte à la fois sur l’utilité publique de l’opération et sur l’identification des propriétés concernées.
Les grands choix du renouvellement urbain sont déjà inscrits dans des conventions. Mais les observations peuvent porter sur leur justification, leurs effets et les terrains nécessaires à leur réalisation. Après les conclusions de la commissaire enquêtrice, le préfet décidera de reconnaître ou non l’utilité publique du projet, puis pourra déclarer cessibles les terrains concernés.
Les habitants peuvent consulter le dossier et déposer leurs observations sur le registre numérique officiel. Une version papier sera accessible au service urbanisme, 3 boulevard Albert-Camus, à Sarcelles.
Quatre permanences sans rendez-vous sont prévues, les 15 et 23 octobre puis les 2 et 16 novembre. La première se tiendra jeudi 15 octobre, de 14 h à 17 h. Les riverains pourront notamment examiner les parcelles concernées par les nouvelles voies de Watteau et Paul-Valéry.
Sources consultées
- Ville de SarcellesEnquête publique : donnez votre avis sur le projet de renouvellement urbain Watteau et Paul Valéry
- Ville de SarcellesProcès-verbal du conseil municipal du 29 septembre 2025
- Communauté d'agglomération Roissy Pays de FranceAvenant n° 1 à la convention-cadre pluriannuelle de renouvellement urbain
- Registre NumériqueEnquête publique DUP et évaluation environnementale, Sarcelles
- Séquano AménagementSarcelles, concession Watteau/Paul-Valéry/Rosiers