
À Guiry-en-Vexin, les peintures murales du temple gallo-romain de Genainville ont été dévoilées samedi 10 octobre au Musée archéologique du Val-d’Oise. Après trois ans de restauration à Soissons, quatorze panneaux ont été réunis pour former un décor de 5,60 mètres de haut et 7 mètres de long.
Rouge ocre, noir, faux marbre : il y a près de 1 800 ans, les artisans du Vexin faisaient passer la peinture pour de la pierre. Leur travail est désormais visible dans les collections permanentes du musée.
Un temple qui jouait avec les apparences
Les peintures proviennent des Vaux-de-la-Celle, un site archéologique situé dans un vallon de Genainville. À la fin du IIe siècle, un vaste sanctuaire y réunissait un temple dédié à Mercure et Rosmerta, des bassins et un édifice de spectacle pouvant accueillir plusieurs milliers de personnes.
Dans la galerie nord du temple, les murs étaient couverts de peintures imitant le marbre. Le décor créait l’illusion d’une architecture monumentale, avec ses surfaces colorées et ses effets de matière.
Ces fragments racontent ainsi une partie du sanctuaire que les vestiges de pierre ne suffisent plus à montrer : les visiteurs de l’époque entraient dans un lieu conçu pour impressionner aussi par ses couleurs.
Les enduits peints ont conservé quelque chose de plus fragile que les sculptures et les blocs architecturaux : la surface même des murs.
Reconstruire le décor sans effacer ses blessures
Au Centre d’étude des peintures murales romaines (CEPMR), à Soissons, les restaurateurs ont travaillé depuis 2023 sur ces fragments antiques.
Leur difficulté ne consistait pas seulement à les consolider. Il fallait retrouver la continuité des motifs, compléter les parties disparues et rendre l’ensemble compréhensible sans inventer une peinture intacte.
Les spécialistes ont remonté les fragments sur des panneaux légers en aluminium à structure alvéolaire. Pour compléter les parties manquantes, ils ont utilisé un sablage coloré, destiné à harmoniser ces zones avec les tons rouge ocre et noir du décor.
Les fragments d’origine restent identifiables, tandis que les compléments modernes permettent de suivre à nouveau les lignes de la peinture.
Le travail s’est poursuivi à Guiry-en-Vexin. Avec les installateurs de l’entreprise Hizkia, les restaurateurs ont assemblé les quatorze panneaux sur des rails. Les bords des panneaux devaient s’ajuster pour assurer la continuité des motifs. Alignements, raccords et dernières retouches ont nécessité des réglages au millimètre.
Le décor retrouve ainsi les motifs imaginés par les peintres gallo-romains sans dissimuler les raccords des restaurateurs.
Une nouvelle place dans le musée
Pour accueillir ces peintures monumentales, le musée a réorganisé ses salles consacrées à Genainville. Une nouvelle scénographie doit compléter cet aménagement en 2027.
Le dévoilement du 10 octobre, pendant la Fête de la science, marque le retour durable des œuvres dans le parcours permanent.
Le public peut désormais les découvrir aux horaires habituels du musée : du mardi au vendredi de 9 h à 17 h 30, les week-ends de 13 h à 18 h. L’entrée adulte coûte 4 euros.
Sur le mur de Guiry-en-Vexin, les motifs de faux marbre se suivent de nouveau, sans cacher les raccords qui les ont réunis.
Sources consultées
- Musée archéologique du Val-d'OiseVie des collections : Restauration des peintures murales gallo-romaines
- Musée archéologique du Val-d'OiseUn site antique d'une grande richesse
- Association Pro Pictura Antiqua, Centre d'étude des peintures murales romainesRestauration
- Musée archéologique du Val-d'OiseFête de la science
- Musée archéologique du Val-d'OisePréparez votre visite au Musée archéologique du Val-d'Oise