
Argenteuil compte 60 écoles. La Ville annonce désormais le déploiement de plus de 60 pièges pondoirs passifs contre le moustique tigre dans ses établissements, après un essai commencé en juin à la maternelle Jean-Jacques-Rousseau. L’ordre de grandeur est celui du parc scolaire, mais la mairie n’a pas publié la répartition des pièges établissement par établissement.
Le dispositif vise les femelles prêtes à pondre. Le piège reproduit un petit point d’eau propice à la ponte et les capture sur une surface adhésive, sans pulvérisation d’insecticide. À Jean-Jacques-Rousseau, le maire Georges Mothron fait état d’une « diminution importante » des piqûres signalées depuis le début de l’expérimentation.
Mais pour ce type de matériel, le nombre de pièges ne suffit pas à mesurer l’efficacité d’un réseau. L’Anses a analysé 21 études sur le piégeage des moustiques Aedes. Les meilleurs résultats avec les pièges pondoirs létaux apparaissent lorsque les dispositifs sont assez denses, couvrent une large part de la zone et restent en place plus de trois semaines. Dans les études sur l’habitat examinées par l’agence, les repères étaient de 1 à 3 pièges par maison et de plus de 60 à 80 % des logements couverts. Seules trois des 21 études portaient directement sur Aedes albopictus, le moustique tigre. Ces chiffres ne sont donc pas une règle à appliquer aux cours d’école, mais ils montrent pourquoi l’emplacement et le suivi comptent autant que le total acheté.
La Ville contrôle les cours d’école, les bâtiments et leurs abords. Le moustique, lui, trouve des lieux de ponte dans une multitude de petites réserves d’eau : coupelles, seaux, gouttières, rigoles, avaloirs ou terrasses sur plots. Ces gîtes existent dans les écoles mais aussi dans les jardins et immeubles voisins. L’Anses insiste donc sur une lutte combinant les pièges avec la suppression ou le traitement des gîtes larvaires.
Le test de Jean-Jacques-Rousseau ne permet pas encore de mesurer la part réellement attribuable au piège. La publication du maire ne fournit ni comptage avant-après, ni protocole, ni données de captures permettant de vérifier la baisse des piqûres annoncée. Le déploiement repose donc pour l’instant sur un retour local jugé encourageant par la municipalité, pas sur une évaluation publiée.
L’Anses relève aussi que la maintenance d’un réseau influence fortement son efficacité et qu’un piège pondoir mal entretenu peut lui-même devenir un gîte productif. Les informations publiques disponibles ne précisent ni le coût de l’opération ni l’organisation de cet entretien.
À Argenteuil, la Ville passe désormais d’un essai dans une école à un déploiement beaucoup plus large. Une soixantaine de pièges peuvent renforcer la protection des établissements sans créer une enceinte anti-moustiques. Leur effet se jouera dans les cours, autour des gouttières et des petits récipients oubliés, puis de l’autre côté des clôtures scolaires.
Sources consultées
- Georges MothronPublication annonçant le déploiement de plus de 60 pièges pondoirs dans les écoles d’Argenteuil
- Ville d’ArgenteuilChef de service scolarité et vie des écoles
- AnsesÉvaluation de l’efficacité des pièges utilisés contre les moustiques Aedes vecteurs d’arboviroses
- Portail national de signalement du moustique tigreFAQ sur Aedes albopictus