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À Pontoise, une agence fait commencer les visites immobilières sur grand écran

Domus Virtualimmo propose de comparer plusieurs logements en immersion 3D avant tout déplacement. L'innovation tient surtout à son utilisation comme filtre avant la visite physique.

Illustration - Visite immobilière immersive à Pontoise

Au 9, place de l’Hôtel-de-Ville à Pontoise, la première visite d’un appartement peut se faire sans franchir sa porte. Dans une salle de l’agence Domus Virtualimmo, lunettes 3D sur le nez et manette en main, l’acquéreur explore le logement sur un écran de 3,5 mètres sur 2. L’agence, ouverte à l’été 2026, veut ainsi faire comparer plusieurs biens avant de décider lesquels méritent un déplacement.

La visite immobilière virtuelle n’a rien de nouveau. Des plateformes comme Matterport permettent déjà de numériser un logement et de le parcourir à distance. À Pontoise, l’expérience se joue ailleurs : Domus essaie de transformer cette représentation 3D en étape organisée de la vente, entre l’annonce consultée chez soi et la visite physique. Dans ce modèle, l’acheteur peut éliminer des logements dont les volumes ou l’agencement ne lui conviennent pas avant de se déplacer.

Pour reconstruire chaque bien en 3D, le fondateur Édouard Gramond explique au Parisien filmer et scanner les logements sous mandat avec une caméra LiDAR avant une reconstruction utilisant le « 3D Gaussian Splatting ». Mise au point en 2023 par une équipe comprenant des chercheurs d’Inria et de l’Université Côte d’Azur, cette technique permet de reconstruire une scène captée sous plusieurs angles puis d’en générer rapidement de nouveaux points de vue. C’est ce qui autorise une exploration plus libre qu’une succession de photographies panoramiques.

L’autre particularité tient au matériel. Imagin-VR, entreprise lavalloise partenaire de Domus, confirme le déploiement de ses solutions dans l’agence immobilière. Son VR-Wall est un dispositif collectif, sans casque, avec une projection de 3,5 mètres sur 2. L’agent et l’acquéreur peuvent donc regarder le même logement et commenter ensemble une pièce, une circulation ou un volume, plutôt que d’isoler le visiteur dans un casque individuel.

L’intérêt commercial reste cependant à démontrer au-delà des premiers cas. Gramond cite l’une de ses premières transactions : 17 prévisites immersives, une seule visite physique, une vente et, selon son calcul, 320 kilomètres de déplacements évités. Ce bilan montre précisément ce que le dispositif cherche à supprimer, mais il s’agit des résultats publiés par le fondateur pour une transaction, pas d’une mesure indépendante de performance.

On ne dispose pas encore de données permettant de savoir combien coûte la numérisation d’un bien, combien de temps elle demande ni si, sur plusieurs dizaines de ventes, l’agence réduit réellement le nombre de visites ou les délais de transaction. Ces éléments compteront davantage que le réalisme de l’image si Domus veut étendre son modèle : son site affiche déjà une ambition de développement en franchise.

L’expérience de Pontoise est donc moins une invention de la visite virtuelle qu’un pari sur son emplacement dans le parcours immobilier. Le mur 3D fonctionne déjà comme objet de démonstration. Le test décisif se fera désormais hors de l’écran : vérifier si les acquéreurs quittent l’agence pour visiter moins de logements, mais des logements qu’ils ont mieux choisis.

Sources consultées
  1. Domus VirtualimmoAgence immobilière à Pontoise
  2. Imagin-VRVR-Wall
  3. Le ParisienImmobilier : on a testé une visite virtuelle, réaliste et immersive, qui aide à « faire le tri entre les biens »
  4. Inria / Université Côte d’Azur3D Gaussian Splatting for Real-Time Radiance Field Rendering
  5. MatterportHow (and Why) to Create Digital Twins in Real Estate
  6. Édouard GramondRetour sur une première transaction Domus Virtualimmo