Article

Au GARAC d’Argenteuil, les jeunes femmes sortent de l’exception

L’école automobile dépasse pour la première fois les 100 jeunes femmes parmi plus de 1 600 élèves, tandis qu’elles restent rares dans les garages.

Illustration - jeunes femmes en atelier automobile

Au GARAC d’Argenteuil, elles sont désormais plus de cent. Pour la première fois depuis la création de l’école automobile en 1948, le campus franchit ce seuil à la rentrée 2026. Parmi elles, Margot prépare un BTS dans le domaine de la moto. Lorsqu’elle est arrivée cinq ans plus tôt, elle était la seule fille de sa classe. Aujourd’hui, raconte-t-elle au Parisien, cet isolement s’est nettement réduit.

L’évolution se mesure sur quelques années. En 2019, le GARAC recensait 40 jeunes filles parmi plus de 1 350 élèves. Selon son directeur Laurent Roux, elles n’étaient que cinq en 1997 et leur nombre a longtemps plafonné autour de quarante. À la rentrée 2026, l’établissement accueille plus de 1 600 jeunes et annonce avoir dépassé pour la première fois la centaine de jeunes femmes.

Elles restent donc très minoritaires, autour de 6 % du campus. Mais certaines ne sont plus seules dans leur classe, comme Margot l’a constaté au fil de sa formation. Le même décalage entre progression rapide et forte minorité se retrouve à l’échelle française. L’ANFA comptait près de 4 800 femmes dans les formations des services de l’automobile en 2025-2026, trois fois plus qu’en 2016. Elles représentent désormais 6,5 % des élèves, avec de fortes différences selon les spécialités : de 4 à 9 % environ dans les filières techniques, contre 17,3 % en vente automobile.

Cette distinction compte aussi à Argenteuil. Le GARAC ne publie pas la répartition de ses cent jeunes femmes entre filières techniques, vente et gestion. Le seuil ne signifie donc pas que cent futures mécaniciennes travaillent désormais dans ses ateliers. Il montre en revanche qu’une école longtemps presque exclusivement masculine accueille aujourd’hui une cohorte féminine assez nombreuse pour ne plus se résumer à quelques parcours isolés.

Le passage vers l’entreprise reste plus difficile. Selon l’ANFA, les femmes ne représentent encore que 2 % des mécaniciens et 1,4 % des carrossiers-peintres. Dans son enquête qualitative publiée en juin, la moitié des jeunes femmes interrogées jugeaient difficile la recherche d’une entreprise pour leur alternance ; certaines rapportaient aussi des comportements sexistes pendant leurs expériences professionnelles. La progression observée dans les centres de formation précède donc largement celle des ateliers où ces élèves devront ensuite travailler.

À Argenteuil, le GARAC essaie depuis plus de dix ans d’agir dès l’orientation avec sa Girl’s Day. Lors de la prochaine édition, le 24 février 2027, des collégiennes et lycéennes pourront essayer plusieurs métiers de l’automobile et seront accompagnées dans les ateliers par les jeunes femmes déjà en formation. Il y a quelques années encore, certaines auraient pu être seules dans leur classe. Elles sont désormais assez nombreuses pour accueillir les suivantes.

Sources consultées
  1. GARAC100 jeunes femmes au GARAC : un cap historique pour les métiers de l’automobile et de la mobilité
  2. GARACRentrée scolaire 2019 au GARAC
  3. ANFALes formations des métiers de l’auto se maintiennent à un haut niveau
  4. ANFANouvelle enquête sur la place des femmes dans les services de l’automobile
  5. Le Parisien« Un jour, j’espère avoir mon propre garage ! » : ces jeunes mécaniciennes bousculent le monde très masculin de la mécanique