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À Pontoise, la crypte du couvent disparu des bénédictines anglaises s’ouvre au public

Au Clos des Anglaises, une crypte de 55 m² datant d’environ 1670 ouvre exceptionnellement après restauration, vestige d’un couvent presque entièrement disparu.

Illustration - crypte des bénédictines anglaises

Au 1, chemin du Clos des Anglaises, une petite grille verte ouvre sur un jardin privé. Sous cette propriété de Pontoise se trouve désormais un lieu accessible pour la première fois au public : une crypte voûtée de 55 m², récemment restaurée, que la Ville et le programme national des Journées du patrimoine datent des environs de 1670.

Le nom du chemin raconte déjà une partie de l’histoire. Des bénédictines anglaises s’installent à Pontoise en 1658 avec l’appui de leur compatriote Lord Montaigu, abbé de Saint-Martin. Elles prennent place dans le faubourg Saint-Martin à une époque où la ville accueille plusieurs communautés religieuses. Leur présence durera plus d’un siècle. La chapelle est désaffectée en 1786, le monastère supprimé en 1787, puis les bâtiments sont démantelés et morcelés autour de la Révolution.

Le couvent a donc disparu comme ensemble, mais pas tout à fait du paysage. Son nom demeure dans le Clos des Anglaises et ses vestiges subsistent dans des propriétés privées. Robert Dupaquier, propriétaire de l’une d’elles, en explore depuis plusieurs années les traces enfouies. Dès 2017, une salle voûtée est dégagée sous un appentis ; quelques années plus tard, quatre de ses voûtes sont reprises pierre par pierre.

En 2020, le service départemental d’archéologie ne considérait pas encore cette salle comme formellement identifiée à la crypte. Rien ne permet d’établir avec certitude qu’elle correspond exactement à l’espace de 55 m² ouvert en 2026, aujourd’hui présenté officiellement comme la crypte des bénédictines anglaises, édifiée vers 1670 et récemment restaurée.

À Pontoise, une partie du patrimoine ancien subsiste ainsi dans des caves, des carrières, des murs repris et des espaces enfouis. Les Journées du patrimoine ouvrent d’ailleurs ce week-end plusieurs de ces lieux souterrains, de la cave des Moineaux aux casemates de l’ancien château royal.

Ici, ces pierres conservent surtout la trace matérielle d’une communauté qui a vécu à Pontoise pendant plus d’un siècle et dont le nom survit encore dans le quartier. La première ouverture de la crypte s’achève ce dimanche 20 septembre à midi, par groupes de quinze personnes et sur réservation auprès du musée, notamment par courriel. Pour quelques heures encore, derrière la grille du Clos des Anglaises, l’un des rares vestiges du couvent redevient accessible.

Sources consultées
  1. Ville de PontoiseJournées du Patrimoine 2026 à Pontoise
  2. Ministère de la CultureLa crypte du Couvent des Bénédictines anglaises
  3. Le ParisienPontoise : il reconstitue l’un des vestiges d’un couvent des Bénédictines
  4. Le Parisien« C’est une crypte rarissime » : sous sa maison à Pontoise, il découvre les vestiges oubliés d’un ancien couvent