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Sous Pontoise, 96 tombes racontent les habitants de Brivisara

La nécropole romaine fouillée dans la ZAC Bossut livre des gestes, des objets et des traces de maladie qui rendent les habitants du Pontoise antique plus tangibles.

Illustration - tombes romaines à Pontoise

Un homme d’environ 40 ans a été enterré à Pontoise dans un cercueil en bois, avec ses chaussures, un gobelet en céramique et de la nourriture. De ses chaussures, il ne reste que les clous. Ses os portent aussi la trace d’une maladie inflammatoire de la colonne vertébrale. Près de deux millénaires plus tard, cet inconnu est l’un des habitants que la nécropole romaine de la ZAC Bossut permet de faire réapparaître.

La fouille menée en 2024 par le Service départemental d’archéologie du Val-d’Oise, sur le plateau Saint-Martin, a mis au jour 96 sépultures. Cette nécropole antique a été utilisée entre le Ier et le VIe siècle. Plus largement, le site conserve des traces d’occupation allant du Ve siècle avant notre ère au VIe siècle de notre ère.

Dans les tombes, les archéologues ont trouvé des monnaies, de la nourriture, des récipients en céramique, en verre ou en étain, des parures et des objets en os travaillé. S’y ajoutent des perles, une chaînette et un possible couteau d’apparat dans son fourreau. Les squelettes, inégalement conservés, renseignent aussi sur l’âge, le sexe biologique et l’état sanitaire des défunts.

Ces tombes donnent surtout des habitants à une ville antique longtemps mieux connue par ses routes que par sa population. Briva Isara apparaît sur la Table de Peutinger et dans l’itinéraire d’Antonin, sur l’axe reliant Lutèce à Rouen par la chaussée Jules-César. Les vestiges permettant de comprendre cette agglomération étaient jusqu’ici beaucoup plus rares. La position de la nécropole, à la limite occidentale de Brivisara, aide désormais à préciser son implantation.

Les tombes ne viennent pas d’être découvertes : le chantier s’est achevé en 2024 et Florian Jedrusiak et Anna Signoret en ont déjà présenté des résultats au printemps 2026. Leur conférence du mercredi 16 septembre, à 14 h 30 aux Archives départementales, revient sur l’étude menée depuis la fouille. L’accès est gratuit sur inscription, dans la limite des places disponibles. S’inscrire à la conférence du 16 septembre

Sur le plateau Saint-Martin, Brivisara cesse ainsi d’être seulement un nom transmis par les itinéraires romains. Une paire de chaussures réduite à quelques clous, un gobelet et les os d’un homme d’une quarantaine d’années racontent désormais quelque chose de ceux qui y vivaient.

Sources consultées
  1. Conseil départemental du Val-d’OiseLa fouille de la nécropole antique de la ZAC Bossut à Pontoise
  2. Conseil départemental du Val-d’OisePublication sur la nécropole antique de Pontoise
  3. DRAC Île-de-FranceBilan d’activité 2024
  4. Ville de PontoiseAntiquité