
À Neuville-sur-Oise, l’épuration ne s’arrête pas à l’eau rendue à l’Oise. En 2025, la station a aussi produit 3 514,6 tonnes de boues en matière sèche. Un arrêté préfectoral complémentaire du 26 août soumet désormais le système d’assainissement de Cergy-Pontoise à la recherche des PFAS dans les boues destinées à la valorisation agricole et aux règles prévues lorsqu’elles en contiennent. L’arrêté organise une campagne de recherche, sans établir à ce stade de contamination locale.
Cette nouvelle surveillance touche une filière déjà bien réelle. Sur les 3 514,6 tonnes produites l’an dernier, 3 389,9 ont été dirigées vers le compostage. Les 124,7 tonnes restantes ont été enfouies. Le SIARP précise qu’une faible proportion de boues tertiaires présentait une concentration en zinc supérieure au seuil autorisé. La qualité chimique des boues décide donc déjà de leur destination.
Les PFAS deviennent un nouveau critère de contrôle. La campagne nationale lancée au printemps prévoit la recherche de 52 substances, avec des prélèvements trimestriels pendant douze mois dans les boues destinées à la valorisation agricole. Elle concerne en 2026 les stations d’au moins 10 000 équivalents-habitants. Celle de Neuville est dimensionnée pour 400 000 équivalents-habitants et a traité 15,2 millions de m³ d’eaux usées en 2025.
Le compostage entre bien dans le dispositif, même lorsqu’il n’y a pas d’épandage direct des boues : le compost obtenu peut ensuite retourner aux sols agricoles. Si certains seuils de gestion sont dépassés, la circulaire prévoit la suspension de cette valorisation, une contre-analyse et, si le dépassement est confirmé, l’orientation des boues vers une autre filière. Elle demande également de rechercher les sources de la contamination en amont.
Les PFAS peuvent entrer dans le réseau avec certains usages domestiques ou rejets économiques, puis se retrouver dans les boues. Si leur teneur compromet la valorisation, leur origine doit alors être recherchée dans le réseau d’assainissement.
Neuville en avait déjà fait l’expérience avec le zinc en 2025. Pour les quelque 3 390 tonnes de matière sèche parties au compostage cette année-là, les PFAS deviennent à leur tour un critère susceptible de décider si cette destination reste ouverte.
Sources consultées
- Préfecture du Val-d'OiseRAA de 2026, RAAE n° 159 du 26 août 2026
- Ville de Boissy-l'AillerieArrêté préfectoral complémentaire relatif à la recherche de PFAS dans les boues, système d'assainissement de Cergy-Pontoise
- SIARPRapport sur le prix et la qualité du service public d’assainissement 2025
- AIDA, InerisCirculaire du 27 avril 2026 relative à la recherche de PFAS dans les boues issues de stations d’épuration